Manuel Valls: Même quand ils agissent seuls, les terroristes ne sont pas des «loups solitaires»

TERRORISME Le ministre de l'Intérieur a annoncé que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) «aura des moyens supplémentaires pour agir contre ces différentes formes de terrorisme»...

avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls le 18 janvier 2013 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls le 18 janvier 2013 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Les terroristes, même quand ils agissent seuls, ne sont pas des «loups solitaires», a affirmé ce vendredi Manuel Valls, s'exprimant sur le meurtre d'un soldat perpétré par deux hommes, en pleine rue mercredi à Londres. «Nous faisons face à une menace terroriste mondiale, elle est élevée, elle frappe l'ensemble de la planète» et «la France est concernée», a relevé le ministre de l'Intérieur sur France Info. Citant notamment les sept meurtres commis l'an dernier par Mohamed Merah dans le Sud-Ouest, il a rappelé que «depuis plusieurs mois, les services de renseignement, la police, l'antiterrorisme agissent et ont démantelé des cellules, des groupes, arrêté des individus qui s'apprêtaient à frapper en France».

Renseignement et coopération internationale de rigueur pour faire face à cette menace

Le ministre a insisté sur le fait qu'il «n'y a plus de frontière hermétique entre l'intérieur et l'extérieur: les ennemis de l'intérieur et ceux de l'extérieur partagent un combat global, (celui de) mettre à mal les démocraties au nom d'un islamisme radical, un discours de haine». Cette menace est incarnée par «des petits groupes radicaux». «Ce ne sont pas des "loups solitaires" contrairement à ce que j'entends ici ou là, parce que agir seul ne signifie pas être isolé. Ce type de terroriste se forme à travers un long parcours souvent, et de rencontres, voyages à l'étranger, camps d'entraînement, relations sur internet, à travers des mosquées souvent isolées avec des prêcheurs radicaux, la prison, ce n'est pas nouveau», a-t-il expliqué.

Pour le ministre de l'Intérieur, «c'est le travail de renseignement qui doit agir en profondeur pour faire face à cette menace» et la coopération internationale sur ces sujets. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) «aura des moyens supplémentaires pour agir contre ces différentes formes de terrorisme», qui se servent d'internet comme relais. Dans les nouveaux recrutements, outre des policiers, «il y aura des spécialistes, des techniciens, des ingénieurs, le renseignement doit s'adapter à un terrorisme qui lui-même évolue très rapidement».