Prisons: Des surveillants de Fresnes manifestent contre la suppression de fouilles systématiques

20 Minutes avec AFP
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Une centaine de  surveillants de prison ont manifesté mercredi soir devant la prison de  Fresnes (Val-de-Marne) pour protester contre la suppression des fouilles  corporelles systématiques pour les détenus à la sortie du parloir, a  constaté une journaliste de l'AFP. Les surveillants de Fresnes, rejoints par des collègues  d'autres prisons, ont enflammé des pneus pour bloquer le retour des  dépôts, scandant «Non à l'arrêt des fouilles», mais aussi «Taubira  démission».

«C'est une action symbolique pour montrer notre  mécontentement. On remet en cause nos pratiques professionnelles», a  déclaré à l'AFP Vincent Le Dimeet, délégué du syndicat FO-Pénitentiaire  qui avait appelé au rassemblement. «Les fouilles, c'est une tâche ingrate mais nécessaire pour des raisons de sécurité», a-t-il ajouté.

«Atteinte grave et manifestement illégale à  la liberté fondamentale»

Dans une note datée du 24 décembre 2012, le directeur de la  maison d'arrêt de Fresnes avait institué un régime de fouilles  corporelles intégrales systématiques pour tous les détenus s'étant rendu  au parloir rencontrer des visiteurs. Mais le 29 mars dernier, le tribunal administratif de Melun  (Seine-et-Marne), saisi par la section française de l'Observatoire  international des prisons (OIP), avait suspendu ces fouilles, estimant  qu'elles constituaient «une atteinte grave et manifestement illégale à  la liberté fondamentale» des détenus.

Lors de la fouille, le prisonnier, seul dans un box face à un surveillant, doit se dénuder entièrement.

Début mars, le contrôleur général des lieux de privation de  liberté, Jean-Marie Delarue, avait critiqué la trop grande fréquence  dans les prisons françaises des fouilles intégrales, qualifiées  d'«humiliantes et dégradantes» par l'OIP. «Les objets que l'on retrouve en cellule qui sont rapportés  de l'extérieur, c'est une grande préoccupation pour nous», a affirmé  Vincent Le Dimeet, citant notamment des téléphones, des stupéfiants, de  l'alcool «et parfois des armes». «Cela justifie l'importance des  fouilles», a-t-il estimé.