Le mal de dos pourrait être soigné avec des antibiotiques

SANTE Un germe, semblable à celui de l'acné, serait à l'origine de 40% des cas...

Corentin Chauvel

— 

Un adolescent massé par une kinésithérapeute en 2011.
Un adolescent massé par une kinésithérapeute en 2011. — F.DURAND / SIPA

Un espoir pour les nombreuses personnes victimes de mal de dos. Deux études danoise et britannique ont démontré qu’un germe, semblable à celui de l’acné, est à l’origine de 40% des cas et qu’il pourrait être traité avec des antibiotiques, a rapporté l’European Spine Journal qui les publient.

Le germe mis en cause s’appelle le Propionibacterium acnes (P. acnes), soit une bactérie «très courante sur la peau humaine, notamment dans l’acné», indique Le Figaro. Elle a été décelée, grâce à des biopsies vertébrales, chez des patients atteints de lombalgies chroniques avec hernie discale. Or, si ce germe, logée aussi dans la moelle osseuse, est bien à l’origine des douleurs dorsales, «un traitement antibiotique est envisageable» afin de les soulager, ajoute le quotidien.

Un traitement efficace

L’étude a été menée sur 61 patients souffrant d’une hernie discale et qui éprouvaient des douleurs depuis plus de six mois. Durant une période de 100 jours, la moitié d’entre eux a reçu un placebo tandis que l’autre moitié a été traitée avec un antibiotique «associant l'amoxicilline à l'acide clavulanique» (de type Augmentin ou Ciblor), explique Le Figaro. A l’issue du traitement, les patients sous antibiotiques ont été les seuls à ressentir beaucoup moins de douleurs et celles-ci étaient moins intenses. Un an plus tard, seulement 19% des patients étaient touchés par des douleurs persistantes.

Cependant, comme après toute étude, la prudence est de mise car rien ne permet encore de confirmer que tout mal de dos soit forcément d’origine infectieuse. Interrogé par Le Parisien ce mercredi, Thierry Schaeverbeke, rhumatologue et spécialiste de la relation entre agents infectieux et système immunitaire au CHU de Bordeaux (Gironde), n’en est pas convaincu. «Ce n’est pas une étude menée sur 61 personnes qui permet d’être conclusif», estime-t-il, rappelant que le P. acnes avait déjà été lié à la sciatique il y a dix ans et appelant ainsi à de nouvelles recherches plus approfondies.