Justice: Début du procès de deux hommes accusés d'avoir tué un jeune camarade

JUSTICE Dans le procès de deux hommes accusés d'avoir tué le jeune Alexandre dans une forêt de Seine-Maritime, la défense a plaidé un effet d'entrainement...

avec AFP

— 

Des policiers arrivent le 29 mars 2012 au palais de justice de Rouen, où les  quatre jeunes meurtriers présumés d'Alexandre ont été conduits pour être mis en examen.
Des policiers arrivent le 29 mars 2012 au palais de justice de Rouen, où les quatre jeunes meurtriers présumés d'Alexandre ont été conduits pour être mis en examen. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un effet d'entraînement devenu irrépressible: la défense a tenté d'expliquer mardi le meurtre du jeune Alexandre, 17 ans, en mars 2012 dans une forêt de Seine-Maritime, lors de l'ouverture du procès de deux des quatre jeunes gens accusés d'avoir froidement exécuté leur camarade.

Sous un ciel gris, deux des accusés, tous âgés de 15 à 17 ans au moment des faits, sont entrés le visage recouvert d'un blouson dans le Palais de justice de Rouen, où l'audience, qui se tenait à huis clos, a débuté par le tirage au sort des jurés.

Un meurtre pour empêcher Alexandre de dénoncer un cambriolage

Etienne Noël, défenseur d'un des accusés, a assuré que ces derniers, dès leur acte accompli, avaient «compris l'horreur de leur geste» commis apparemment pour empêcher Alexandre de dénoncer un cambriolage perpétré quelques semaines plus tôt.

«Après 14 mois d'incarcération, ils ont replongé dans le réel. Cela les a fait mûrir. Mon client sait qu'il purge déjà sa punition», a déclaré Me Noël à la presse pendant une suspension de séance.

Selon l'avocat, chacun des accusés aurait pu «à un moment donné ou un autre arrêter» l'engrenage qui a conduit à l'exécution du jeune homme, tué de deux balles dans la nuque dans une forêt proche de Beauvoir-en-Lyons, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Rouen. «C'est un phénomène de groupe où personne ne voulait que cela se fasse, mais ce qu'avait décidé le groupe était devenu inéluctable», a-t-il expliqué.

Très digne en s'adressant à la presse à son arrivée au Palais de justice, la mère d'Alexandre, Anne Castaldo, a dit souffrir de la «culpabilité» de ne pas avoir su protéger son fils.

«Il a beaucoup souffert», a-t-elle déclaré sur Europe 1. Alexandre «n'est pas mort tout de suite et je crois que personne ne voulait tirer le deuxième coup et que tirer, recharger, ça a dû prendre quelques minutes. C'est affreux», a-t-elle dit.

Deux autres accusés mineurs au moment des faits

Les deux accusés sont poursuivis devant la cour d'assises des mineurs de Rouen. Deux autres accusés, âgés de moins de 16 ans au moment des faits, le sont simultanément devant le tribunal pour enfants de Dieppe (Seine-Maritime), également à huis clos. Les verdicts et jugements sont attendus pour le 31 mai.