Des vies en vrac à la fac

ETUDIANTS La vie de bohème des étudiants est loin d'être une réalité. Selon une étude de la Smerep, 76% souffriraient psychiquement...

Alexandra Luthereau

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 Illustration - Un salarié devant son ordinateur
 Illustration - Un salarié devant son ordinateur — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Selon une étude publiée ce jeudi, menée par le cabinet d’études Harris Interactive France pour la mutuelle étudiante Smerep, et révélée par 20 Minutes, 76% des étudiants seraient en souffrance psychique.

Une prise en charge mal connue

Sur les douze derniers mois, les étudiants interrogés, âgés de 18 à 25 ans, auraient ressenti un manque de confiance en eux, du stress et un sentiment de déprime durant au moins quinze jours consécutifs. Un chiffre en augmentation: ils n’étaient que 66 % à exprimer ce mal-être en 2011 et 36 % en 2009, selon la Smerep. Déjà en 2007, une autre étude de la mutuelle LMDE faisait état de ce problème et soulignait une prise en charge mal connue et insuffisante (lire encadré). C’est d’ailleurs le message que souhaite porter la Smerep aujourd’hui: alerter les jeunes, pour qu’ils sachent vers qui se tourner en cas de mal-être, et les pouvoirs publics, pour qu’ils se mobilisent.

Un contexte économique vecteur d'angoisses

«Du fait du contexte de crise économique, les étudiants angoissent face à leur avenir», explique le psychiatre Stéphane Clerget, auteur du Guide de l’ado à l’usage des parents (Ed. Le Livre de poche). Du coup, la pression sur leurs études et leurs résultats est forte. Autre facteur de stress: les étudiants sont davantage livrés à eux-mêmes. Il y a vingt ou trente ans, les logements étudiants et les  réseaux associatifs constituaient un environnement social sécurisant. Pour autant, Stéphane Clerget appelle à relativiser les résultats de cette étude. «Aujourd’hui, les gens évoquent plus facilement qu’il y a quelques années leur stress ou leur mal-être», souligne-t-il. Aux yeux du psychiatre, des études cliniques seraient nécessaires pour confirmer l’enquête. Mais le psychiatre salue un rapport qui a le mérite de «parler des jeunes adultes que l’on a tendance à négliger». Pourtant jusqu’à 25 ans, le risque suicidaire est très important.

>> Etudiants ou anciens étudiants, confirmez-vous cette «soufrance psychique»? Stress, angoisse, déprime, que ressentez-vous au quotidien? Quelles difficultés rencontrez-vous?

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Un accompagnement spécifique

En cas de mal-être, il existe différentes structures :

Fil Santé Jeunes propose forums et ligne d’écoute pour un meilleur aiguillage (32 24 ou 01 44 93 30 74 depuis un portable).

Les Bureaux d’aide psychologique universitaire (Bapu) offrent
quant à eux des consultations avec des psychologues et des psychiatres intégralement prises en charge par la Sécurité sociale.