Pas-de-Calais: Un homme et sa famille soupçonnés d'esclavage moderne

SOCIETE Il aurait fait travailler une demi-douzaine de personnes sans les payer...

avec AFP
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Google map de Montreuil-sur-mer, dans le Pas-de-Calais.
Google map de Montreuil-sur-mer, dans le Pas-de-Calais. — DR

Un homme âgé de 37 ans et trois membres de sa famille ont été arrêtés mardi matin dans le Pas-de-Calais, soupçonnés d'esclavage moderne sur des personnes hébergées dans des conditions précaires, a-t-on appris mercredi de source proche de l'enquête. Le principal suspect, un homme responsable d'une petite entreprise du bâtiment dans laquelle il employait à titre gratuit une demi-douzaine de personnes, était déjà très connu de la justice, selon une source judiciaire, confirmant une information de France 3 Nord/Pas-de-Calais.

«Il les faisait travailler toute la journée sans les payer»

L'homme, sa femme, âgée d'une trentaine d'années, un de ses fils âgé de 19 ans et un employé, âgé de 24 ans, ont été placés en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Montreuil-sur-mer (Pas-de-Calais). Le père du principal suspect, âgé de 57 ans, a lui été relâché en raison de problèmes de santé. «Il recrutait des gens, qui socialement avaient des problèmes. Il les logeait, les nourrissait, et les faisait travailler toute la journée sans les payer en retenant leurs pièces d'identité», touchant même apparemment leurs minima sociaux, selon une source judiciaire.

L'homme, «dit violent», est soupçonné par ailleurs d'avoir forcé ses employés, qui n'étaient pas déclarés, à aller commettre des vols de matériel, a ajouté cette source. Ces derniers, «au début», étaient un peu rémunérés, puis leur employeur cessait de les payer, fort de «l'emprise» qu'il avait sur eux, a encore indiqué la source judiciaire. Les victimes, au moins cinq personnes, étaient logées dans des conditions précaires, parfois dans des caravanes en très mauvais état. Les faits remonteraient à au moins un an, selon la source judiciaire. La garde à vue des suspects a été prolongée mercredi de 48 heures, a indiqué cette source, précisant qu'ils pourraient être poursuivis notamment pour «traite des êtres humains».