Caen: Une amende de 15.000 euros requis contre un pêcheur anglais de coquilles Saint-Jacques

avec AFP
— 

Le parquet a requis mercredi en correctionnelle à Caen 15.000 euros d'amende à l'encontre d'un capitaine anglais accusé de pêche illégale de coquille Saint-Jacques. Le Van Dijk, un chalutier de 33 mètres de long, avait été intercepté en janvier au large du Calvados, en train de pêcher illégalement dans les eaux territoriales françaises. Il avait coupé un des dispositifs qui permet de le repérer. Il avait 21 tonnes de coquilles à son bord, quand, selon les affaires maritimes françaises, les plus grands bateaux normands, qui font 15 mètres, en ramènent 3,6 tonnes au maximum. Le tribunal doit rendre sa décision le 13 juin.  «Ce n'est pas rien. C'est beaucoup plus que ce que peut pêcher un navire français, beaucoup plus petit», a souligné le procureur de la République à Caen, Bertrand Gouarin, en faisant allusion au poids du chargement.

Une «erreur de calcul»

Le parquet a toutefois souligné que le casier judiciaire du patron pêcheur, âgé de 47 ans, était vierge et qu'il avait indéniablement tenté de tracer lui-même la frontière entre les eaux territoriales, qui ne figurait pas sur sa carte au départ. Le marin a dit «regretter» avoir fait «une erreur de calcul», et n'avoir coupé son système de localisation IAS que pour éviter d'être repéré par des navires concurrents. Il a dit qu'il naviguait dans cette zone parce que «la pêche (y) est très bonne».

Son avocat Me Mathieu Leclerc a estimé que, dans le cadre de la surveillance de pêche, la réglementation européenne imposait un système de détection mais pas l'IAS. Un dirigeant de l'armateur Mcleod Trawlers Ltd, présent à l'audience, a déclaré à l'AFP que sa société possédait un seul bateau. Il s'agit du troisième pêcheur de coquilles britannique qui comparaît devant le tribunal de Caen pour pêche illégale depuis janvier. Un quatrième doit comparaître en juillet. «Il y a une espèce de petite bataille navale» entre coquilliers britanniques et français, a déclaré devant le tribunal Pauline Potier, de la direction départementale de la mer. Les tensions sont dues notamment aux différences de réglementation, beaucoup plus restrictives en France, pour préserver la ressource, selon l'Ifremer.