Paris: Le collectif des «Bricoleurs du dimanche» manifeste pour le travail dominical

Romain Lescurieux

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Paris, le 17 avril. Manifestation du collectif bricoleurs du dimanche. Ils réclament le droit de travailler le dimanche. collectif componse d'employers de CASTORAMA scandant  "YES WEEK-END "
Paris, le 17 avril. Manifestation du collectif bricoleurs du dimanche. Ils réclament le droit de travailler le dimanche. collectif componse d'employers de CASTORAMA scandant  "YES WEEK-END " — P. M.TALBOT / 20 MINUTES

Entre 1.500 et 2.000 salariés de Castorama et Leroy Merlin, selon les organisateurs, ont défilé ce mardi à Paris pour demander l’ouverture le dimanche des magasins de bricolage en Ile-de-France. Réunis sous la bannière du collectif des «Bricoleurs du dimanche» ils se sont dirigés vers le ministère du Travail afin d’y déposer les pétitions de «150.000 citoyens d’Ile-de-France favorables à ces ouvertures», expliquent les organisateurs. «On doit nous laisser libres de travailler le dimanche. Il y a des salariés, des contrats étudiants dans ce cortège. Nous défilons également pour nos clients», explique Bruno, salarié de Leroy Merlin.

Sur leurs banderoles, les slogans s'affichent: «Oui à la nécessité et au plaisir de bricoler le dimanche», ou encore «travailler, c’est pas dur». «Le travail dominical représente pour nous 400 euros par mois sur un salaire brut de 1.700 euros. Il s’agit donc d’un manque à gagner non négligeable», affirme Naima, salarié de Castorama à Vélizy. En queue de cortège, une camionnette de Castorama a été réquisitionnée pour transporter banderoles et tee-shirt. Les directions des deux enseignes ne sont pas loin.

«Nous avons un soutien moral et financier de la part de la direction»

«C’est une démarche volontaire de la part des salariés. La direction n’y est pour rien», assure Fouad, salarié de Leroy Merlin. Plus loin, en tête du cortège, le discours est plus nuancé. «Oui, nous avons un soutien moral et financier de la part de notre direction», confie Emile, salariée au Castorama de Fresnes et animatrice du collectif. Elle poursuit: «Nous sommes appuyés par la direction. Ils sont fiers du combat que nous menons. Ils financent également la partie logistique. C’est normal, nous n’avons pas d’argent comme un syndicat», se défend-elle. 

La direction de Castorama confirme son soutien: «20% du chiffre d’affaires annuel est réalisé le dimanche. En cas de fermeture, nos enseignes sont fragilisées. Dès lors il faut un décret modifiant la situation actuelle. La direction soutient donc les Bricoleurs du dimanche. Mais pas de façon financière, hormis la mise à disposition de quelques bus», assure la porte-parole. Toutefois, les rémunérations ont été maintenues. Si ce mardi certains salariés sont venus défiler sur leurs jours de repos, d’autres travaillaient. «Je suis payé malgré ma mobilisation», certifie un salarié de Castorama.

Une mobilisation dénoncée par FO

De son côté, Force ouvrière (FO) s’oppose à l’union des deux enseignes et dénonce une «mobilisation anormale». «Les enseignes ont initié ces mouvements et se servent de la précarité des salariés pour les inciter à manifester», assène Brice Béllon, secrétaire adjoint du commerce à la fédération des employés et cadres de FO.

Le syndicat, qui s'est attaqué à Bricorama pour ouverture dominicale illégale, est favorable à l’abrogation des lois Mallié et Debré: «L’ouverture des magasins le dimanche profite surtout aux entreprises. Il y a un détricotage du droit du travail. Si un jour tous les commerces sont ouverts, personne ne sera payé plus», conclut Brice Béllon.