Air France: L'entretien des avions en Chine pose problème, selon les pilotes

AERIEN Un syndicat de pilotes d'Air France a fait part jeudi d'inquiétudes liées à l'entretien d'avions en Chine, faisant état de plusieurs «incidents graves» survenus après que des appareils sont passés par la société Taeco...

avec AFP

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Un avion de la compagnie Air France à Lyon.
Un avion de la compagnie Air France à Lyon. — JAUBERT/SIPA

Un syndicat de pilotes d'Air France a fait part jeudi d'inquiétudes liées à l'entretien d'avions en Chine, faisant état de plusieurs «incidents graves» survenus après que des appareils sont passés par la société Taeco, dont la responsabilité est écartée par la compagnie aérienne.

Dans un communiqué, le syndicat Alter rapporte que le 7 avril, un A340 d'Air France qui devait effectuer une liaison Paris-Caracas, a dû être dérouté vers les Açores «pour raisons techniques», après divers incidents allant du débordement des toilettes à la perte de réception des deux radios haute fréquence.

Selon Alter, l'avion effectuait son premier vol commercial après une «grande visite» (contrôle approfondi) réalisée dans les ateliers d'entretien de l'entreprise chinoise Taeco à Xiamen dans le sud-est du pays. Interrogée par l'AFP, Air France a écarté tout lien entre l'entretien réalisé en Chine et les raisons qui ont contraint l'avion à se poser aux Açores.

«Cette société chinoise est internationalement reconnue», dit Air France

«La compagnie confirme qu'aucun des éléments ayant mené au déroutement par précaution de l'avion n'est en relation avec les opérations d'entretien réalisées par la société Taeco en Chine», a affirmé une porte-parole. «Cette société est internationalement reconnue et travaille pour toutes les grandes compagnies mondiales», a-t-elle ajouté. Selon elle, les inspections de l'appareil, après son déroutement sur les Açores, «n'ont donné lieu qu'à quelques opérations de maintenance mineures».

Toutefois, d'après le syndicat de pilotes minoritaire chez Air France, «ce nouvel incident n'est que le dernier en date d'une trop longue série». Il a rappelé trois autres incidents. Deux portaient deux sur des B747. Il s'agissait selon Alter d'un «montage défectueux de la cinématique de becs" et d'une «peinture ne respectant pas les critères de certification à la chaleur». Un autre incident concernait un A340 en novembre 2011 et portait sur l'«absence d'une trentaine de vis sur un panneau de carénage» d'une aile.

A la suite de ce dernier incident, Air France avait suspendu les «grandes visites» chez Taeco, un des leaders dans l'entretien des gros porteurs mais, indique Alter, l'entreprise est revenue «quelque temps après sur cette sage résolution de manière unilatérale et ce, pour des raisons purement financières».

«Après l'incident du 7 avril, on a écrit à notre PDG pour lui demander de suspendre les relations avec Taeco

«Devant l'accumulation inconséquente pour la sécurité des vols d'Air France d'incidents graves mettant en cause l'entretien effectué dans les ateliers de l'entreprise Taeco, Alter demande que la direction mette un terme définitif à cette externalisation de l'entretien de nos avions long courriers... avant que ne survienne l'incident de trop».

«Après l'incident du 7 avril, on a écrit à notre PDG pour lui demander de suspendre les relations avec Taeco», a dit à l'AFP Guillaume Pollard, représentant du syndicat Alter. Il a précisé n'avoir eu aucun retour de la compagnie et a ajouté ne pas savoir depuis quand le groupe fait de nouveau appel à l'entreprise chinoise car, dit-il, Air France ne l'a «bien entendu pas crié sur les toits».