Un universitaire chargé de réfléchir à la formation des imams de France

avec AFP

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Le gouvernement, qui veut professionnaliser les imams de France, a chargé un universitaire de réfléchir aux moyens d'améliorer leur formation, a-t-on appris ce mercredi auprès du ministère de l'Intérieur.

Le spécialiste en droit des religions Francis Messner, directeur de recherches au CNRS, devra rendre un rapport au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, et à sa collègue de la Recherche et de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, «idéalement en juillet», a indiqué la Place Beauvau, confirmant une information du quotidien Libération.

Il devra d'abord, selon l'entourage de Manuel Valls, «étudier les conditions de généralisation des formations civiques et républicaines» (droit des associations, sociologie des religions, fiscalité des associations, loi sur la laïcité, etc.), qui existent aujourd'hui à Paris, Lyon et Strasbourg.

«Sur la base du volontariat»

«Le nombre de personnes en bénéficiant reste modeste, on souhaite l'augmenter en garantissant une qualité académique à cette formation, ouverte sur la base du volontariat à des Français ou des étrangers», selon cette source.

«Ça permettrait de structurer l'exercice du culte et de s'assurer qu'il y ait bien un terreau républicain» pour lutter contre le fondamentalisme, a-t-elle précisé.

On dénombre 1.700 imams en France. 25% d'entre eux sont Français, les autres viennent en majorité du Maroc, d'Algérie, de Tunisie et de Turquie. La plupart sont formés à l'étranger ou autodidactes.

Deux centres de formation en France

La loi sur la laïcité de 1905 interdit à l'État de les salarier ou de financer leur formation théologique. Seuls deux centres de formation existent actuellement à Paris et à Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre) et une faculté de théologie musulmane est en projet à Strasbourg.

Manuel Valls, qui est chargé des cultes, a appelé à plusieurs reprises les musulmans à s'organiser pour améliorer la formation de leurs cadres. «Je veux des aumôniers français, des imams français formés», déclarait-il notamment lors de l'inauguration de la Grande mosquée de Strasbourg en septembre.

Par ailleurs, Francis Messner devra dans son rapport évaluer "la connaissance de l'islam et du monde arabe dans l'univers académique", selon le ministère de l'Intérieur.