Un touriste tué par un requin à La Réunion

FAITS DIVERS L'homme de 36 ans était en voyage de noces avec sa femme...

avec AFP

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Une plage fermée à la baignade à Saint-Gilles, à La Réunion, après une attaque de requin, le 16 juin 2011.
Une plage fermée à la baignade à Saint-Gilles, à La Réunion, après une attaque de requin, le 16 juin 2011. — RICHARD BOUHET / AFP

Un touriste métropolitain en voyage de noces à la Réunion a été tué ce mercredi par un requin alors qu'il pratiquait le surf, première victime du squale depuis le début de l'année sur cette île où l'animal a tué trois personnes en 2012 et 2011.

Né à Besançon et domicilié à Morteau (Doubs), l'homme, âgé de 36 ans, a été chargé à deux reprises par un requin alors qu'il se trouvait en mer à une cinquantaine de mètres de la plage des Brisants de Saint-Gilles (Ouest), très fréquentée en ce jour férié. Il pratiquait le surf «de manière isolée», selon la préfecture.

L’homme n’a pu être ranimé par les secours

L'alerte a été donnée par un baigneur qui a vu du sang sur l'eau et a prévenu les maîtres-nageurs qui ont aussitôt porté secours à la victime pour la ramener sur la plage, où elle se trouvait en état d'arrêt cardio-respiratoire. L'homme, qui avait perdu beaucoup de sang, n'a pu être réanimé par les secours malgré une demi-heure de massages cardiaques.

Le surfeur a été mordu par le requin au bras et à la cuisse. Son épouse, qui était sur la plage quand l'accident est survenu, a été prise en charge, en état de choc, par les pompiers, selon ces derniers.

«On a vu une grosse flaque de sang»

«L'eau était trouble. On regardait le bodyboarder (surfeur) puis on a vu une grosse flaque de sang», a raconté un témoin, cité par le site Imaz Press Réunion. Peu avant l'accident, l'Association Prévention Requin Réunion (PRR) avait annoncé sur son site Internet l'annulation d'une surveillance du surf prévue dans l'après-midi, «en raison du manque de visibilité sous-marine sur les spots de Boucan Canot et Roches Noires», là où l'attaque a eu lieu. «Les conditions de pratique du surf étaient défavorables», a confirmé la préfecture, citant une «eau chargée et de la houle».

La sénatrice UMP de la Réunion Jacqueline Farreyrol a évoqué pour sa part dans un communiqué l' «imprudence fatale» de la victime. «Depuis ce matin, l'ensemble des spots de surf de l'Ouest avaient dressé le drapeau orange requin, la sécurisation des sessions de surf libre avait été annulée en raison du manque de visibilité sous-marine et les maîtres-nageurs interdisaient la pratique de tous les sports aquatiques», écrit l'élue, également présidente de l'organisme l'Ile de la Réunion Tourisme (IRT). L'attitude du touriste tué ne reflète pas «le comportement d'une grande majorité des surfeurs qui suivent scrupuleusement les mesures de sécurité en vigueur», souligne-t-elle cependant.

Série noire en 2012

Cette attaque mortelle de requin est la première depuis le début de l'année sur l'île, où l'animal a tué trois personnes en 2012 et 2011. Les attaques ont lieu principalement à Saint-Gilles, la zone balnéaire.

La dernière attaque avérée mais non mortelle remonte à août 2012, lorsqu'un surfeur a eu une jambe et un bras arrachés à Saint-Leu (Ouest). Le 23 avril dernier, un arrêté municipal avait toutefois restreint les activités sur la plage de Saint-Pierre, au sud de l'île, après le signalement de la présence d'un requin par un surfeur qui affirmait avoir été chargé par l'animal.

Mieux connaître les mœurs des requins

L'année dernière, la série noire avait suscité une vive polémique entre les scientifiques et écologistes d'un côté, et les surfeurs de l'autre sur les moyens de sécuriser la baignade et les activités nautiques.

Plusieurs études scientifiques, dont une grande opération de marquage acoustique, ont été lancées par les autorités locales pour mieux connaître les mœurs de requins qui, selon les associations de surfeurs, se seraient sédentarisés à proximité des plages.

Des mesures de prévention ont été également mises en place pour protéger la pratique de la baignade et des sports nautiques, en particulier par les «vigies-requin» qui, à bord d'embarcation ou dans l'eau, sont chargés de signaler la présence d'un squale.