Drame au Bangladesh: Manifestation devant un Mango de Barcelone

avec AFP

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Les mains peintes en rouge sang, des membres du syndicat espagnol UGT ont manifesté mardi devant un magasin Mango à Barcelone pour fustiger la marque qui a reconnu avoir commandé des «échantillons» auprès du Rana Plaza, un immeuble de confection qui s'est effondré, faisant plus de 700 morts au Bangladesh.

Dénonçant les conditions de travail atroces dans lesquelles se trouvaient les quelque 3.000 ouvriers du textile employés dans l'édifice qui s'est écroulé comme un château de cartes le 24 avril près de Dacca, ils ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit en lettres rouge sang: «Death, precarity and fashion work« (mort, précarité et travail dans la mode).

La pire catastrophe industrielle qu'ait connue le Bangladesh

Portant des maillots souillés de faux sang, ils se sont allongés sur un tapis rouge, en hommage aux victimes de la pire catastrophe industrielle qu'ait connue le Bangladesh.

Des centaines de rescapés ont bloqué mardi un accès routier central au Bangladesh pour réclamer arriérés de salaires et dédommagements tandis que le bilan de l'effondrement de l'immeuble continue de s'alourdir.

La plupart des ouvriers travaillant pour des marques occidentales d'habillement étaient payés moins de 30 euros par mois, un niveau de rémunération dénoncé publiquement par les ONG et le pape François.

Le Bangladesh est au deuxième rang mondial des pays exportateurs de textile, derrière la Chine. Cette industrie occupe plus de 40% de la main-d'oeuvre de ce pays et représente 80% de ses exportations.

Le 29 avril, le groupe espagnol de prêt-à-porter Mango avait tenu à préciser n'avoir commandé que des échantillons à la société Phantom, propriétaire de l'un des ateliers de confection installés dans l'immeuble vétuste, désormais en ruines, de Savar, une ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Dacca, la capitale.