Procès des implants PIP: «Jean-Claude Mas se fout des victimes»

INTERVIEW L'avocat Laurent Gaudon représente 2.000 plaignantes...

Propos recueillis par Amandine Rancoule

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L'avocat Laurent Gaudon à Marseille le 5 mai 2013.
L'avocat Laurent Gaudon à Marseille le 5 mai 2013. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Associé aux cabinets Claude & Sarkozy, à Paris, et Lienhard Petitot, à Strasbourg, l'avocat marseillais Laurent Gaudon représente près de 2.000 plaignantes dans le procès PIP qui s'achève le 17 mai.

Les deux premières semaines du procès ont été marquées par les excuses de Jean-Claude Mas aux victimes. Quelle a été votre réaction?

Je pense que seuls Loïc Gossard [directeur de la production de la société Poly Implants Prothèse] et Thierry Brinon [directeur technique] sont sincères quand ils s'excusent. A l'inverse, Jean-Claude Mas, Hannelore Fonte [directrice qualité] et Jean-Claude Couty [président du directoire] continuent de dire que le gel qu'ils utilisaient était parfait.

Jean-Claude Mas a reconnu que le gel n'était pas conforme...

Oui mais il continue de nier ses conséquences médicales et les souffrances des victimes. Ses excuses ne sont pas sincères.

Vous vous occupez surtout des clientes étrangères. Ont-elles pu témoigner?

Une de mes clientes anglaises est venue à la barre. Elle a eu un cancer et elle a fait une reconstruction mammaire avec un implant PIP. Les prothèses ont craqué et aujourd'hui, elle a du gel qui se balade dans son corps. Elle est contente d'avoir pu raconter son histoire mais quand Jean-Claude Mas dit que son gel n'est pas dangereux, elle a le sentiment qu'il se fout d'elle.

Jean-Claude Mas déclare 1700 euros de revenus. Vos clientes peuvent-elles espérer une indemnisation?

S'il n'est pas solvable, on se tournera vers la CIVI [commission d'indemnisation des victimes d'infractions] et le SARVI [service d'aide au recouvrement des victime]. Mais je rappelle que Jérôme Kerviel a été condamné à 5 milliards d'euros. Il n'y a donc plus d'obstacles à de très lourdes condamnations. Par ailleurs, l'indemnisation ne tient pas compte des revenus mais du préjudice.