«Mur des cons»: Le journaliste à l’origine de la vidéo assume, France 3 ouvre une procédure disciplinaire

POLEMIQUE Le journaliste estime avoir «fait son métier» et se dit «fier» d’avoir filmé...

E.O.

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Le «mur des cons», dans un local du Syndicat de la magistrature.
Le «mur des cons», dans un local du Syndicat de la magistrature. — Capture d'écran

La direction de la rédaction nationale de France 3 a annoncé ce lundi dans un communiqué avoir ouvert une procédure disciplinaire à l'encontre d'un de ses journalistes après la diffusion de la vidéo du «mur des cons» filmée dans les locaux du Syndicat de la magistrature (SM).

Le communiqué précise que cette décision a été prise «suite aux premiers éléments de l'enquête interne» et que la procédure est mise en oeuvre dans la mesure où le journaliste qui a tourné cette vidéo «au cours d'un reportage pour sa rédaction, a fait le choix d'en dissimuler l'existence à sa hiérarchie».

«Content que ce soit devenu une affaire publique»

Clément Weill-Raynal, le journaliste en question, assume pour sa part son geste. «Oui, j'ai filmé et j'en suis fier», indique-t-il au Parisien, poursuivant: «C'est mon rôle de filmer ce qu'on ne veut pas que je filme!»

Il assure cependant que ce n’est pas lui qui a transmis la vidéo au site Atlantico, qui a révélé l’affaire mercredi. «J'ai montré la vidéo à des proches et j'ai fait une copie à deux personnes, dont un magistrat qui a ensuite transmis la vidéo à Atlantico. Tout ça m'a un peu dépassé mais je suis content que ce soit devenu une affaire publique», explique-t-il.

«Un grave problème pour les justiciables»

Il estime qu’être puni serait «injuste». «Je n'ai fait que mon métier. Je n'ai pas transmis les images à un autre média. Ceux qui veulent ma tête, comme la CGT, me reprochent en fait d'avoir démasqué cette pratique qui, pour moi, pose un grave problème pour les justiciables», martèle-t-il.

La révélation de l’existence de ce «mur des cons» a provoqué un grand émoi, notamment à droite, la semaine dernière. La garde des Sceaux Christiane Taubira a saisi jeudi le Conseil supérieur de la magistrature, afin qu’il apprécie s'il y a eu «manquement à la déontologie» de la part du SM.