L'association 40 millions d’automobilistes dénonce «les radars tirelires»

ROUTES L'association 40 millions d'automobilistes dénonce des radars «pièges» en publiant un rapport et une carte de l'implantation des 72 radars incriminés...

Alexandra Luthereau

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Un radar en France.
Un radar en France. — JS EVRARD/SIPA

Avec 67.000 témoignages à l’appui selon l’association, 40 millions d’automobilistes tente de réaliser un état des lieux du ressenti des usagers qui évoquent régulièrement le «radar piège». Loin d’être un audit participatif d’une frange «antiradariste», insistent Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes et Pierre Chasseray, délégué général de l’association, «les histoires recueillies sur Internet sont celles d’automobilistes qui ne s’opposent pas frontalement au système mais qui en dénoncent les excès», expliquent les deux responsables.

Une route limitée à 90km/h dans un sens, 70 dans l’autre

Le rapport, remis au ministère de l’Intérieur et à tous les sénateurs et députés, met en avant quelques-uns des témoignages d’automobilistes. Par exemple, un conducteur décrit une drôle de situation sur la départementale 338 entre Tours et Le Mans, une route qui n’a pas la même limitation de vitesse dans un sens et dans l’autre: 90 km/h dans l’un et 70 km/h de l’autre côté, où se trouve un radar. Pour le témoin, il ne fait aucun doute que le radar positionné sur la route des 70km/h est là pour flasher.
 
Un autre témoin explique que sur l'A9 entre Vendargues et Saint-Jean-de-Védas (sens Est/Ouest), la limitation de vitesse est différente selon les horaires. Sur cette portion d’autoroute, la limitation s’élèverait à 110 km/h mais, entre 7 et 9 heures puis de 17 à 19 heures, la vitesse ne doit pas excéder 90 km/h.
 

10 situations piègeuses, 7 alternatives proposées

A partir des milliers de témoignages, l’association a déterminé les 10 situations de réprobation des automobilistes et préconise 7 alternatives et un audit des radars pour que la réglementation de la limitation de vitesse soit comprise et donc acceptée par les Français.
 
Contacté par 20 Minutes, Frédéric Péchenard, délégué interministériel à la sécurité routière, affirme que les radars peuvent «bugger» mais «tous sont suivis un par un». «Il n’est pas nécessaire de faire un audit de ces radars comme le préconise le rapport de 40 Millions d’automobilistes puisqu’il est déjà fait au quotidien. Quand il y a des problèmes sur des radars, ils sont remontés et on les règle au fur et à mesure», précise Frédéric Péchenard.
 

36.000 vies sauvées par les radars

En revanche, Frédéric Péchenard évoque l’idée d’un audit national des infrastructures routières qui consisterait à répertorier tous les axes, évaluer les limitations de vitesses sur toutes les routes et les harmoniser. «Ca vaudrait vraiment le coup d’y réfléchir même si ce serait un gros chantier», juge-t-il.
 
«Au début des années 2000, c’était 8.000 personnes qui étaient tuées sur la route. Depuis 2002 et le “Programme Radar”, on décompte moins de 4.000 morts chaque année. Les radars ont prouvé leur efficacité», tient à souligner Frédéric Péchenard. Selon les experts en sécurité routière, 36.000 vies ont été épargnées grâce aux radars.