Après Istres, les collectionneurs d'armes dans le viseur

FAITS DIVERS Le tueur d'Istres aurait acheté ses armes sur Internet...

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Saisie de 29 armes de guerre et de 816 munitions réalisée par les agents de la direction des opérations douanières de Calais le 8 février  2013.
Saisie de 29 armes de guerre et de 816 munitions réalisée par les agents de la direction des opérations douanières de Calais le 8 février  2013. — DNRED - Douanes

La tuerie d’Istres relance la polémique sur les armes. Le monde légal des collectionneurs et amateurs est à nouveau pointé du doigt. «Le tueur est décrit comme un passionné. C’est faux. Les collectionneurs sont ceux qui s’intéressent de façon légale aux armes dans un esprit d’histoire ou de tirs de loisirs ludiques. Lui, c’est un voyou», veut nuancer Jean-Jacques Buigne, président de l’Union française des amateurs d’armes.

En 2012, 401 armes de guerre ont été saisies par les douanes

Mais la frontière entre une arme détenue légalement ou de façon délictueuse peut être ténue. Les douaniers le savent bien et se disent «attentifs» au milieu des collectionneurs d’armes en France. «Parfois, on peut tomber sur un profil de personnes passionnées qui vont au-delà de ce qui est autorisé. Ces gens peuvent être de bonne foi en pensant avoir acheté légalement des armes démilitarisées. Après plusieurs vérifications, on s’aperçoit alors qu’elles ne sont pas forcément toujours conformes», explique à 20 Minutes Gaël Guillaume, chef de la direction des opérations douanières à Rouen.

«Ça peut être très dangereux. Car il y a des risques de cambriolages, ou que l’arme soit revendue et tombe alors dans des réseaux criminels», poursuit-il. L’année dernière, 401 armes de guerre et de défense ont ainsi été saisies par la douane. Un chiffre en progression de 14% par rapport à 2011. «Ça fait partie de nos priorités. Certaines personnes se disent collectionneurs et ont en leur possession un véritable arsenal qui peut se retrouver entre de mauvaises mains. A titre d’exemple, nous avons arrêté en janvier un individu qui remilitarisait des armes du même type que celles utilisées par Mohamed Merah à Toulouse», précise le douanier.

Les armes démilitarisées achetées sur Internet peuvent poser problème. Même si elles nécessitent un véritable savoir-faire pour les remettre en état, certains y parviennent en commandant, par exemple, des pièces détachées via Internet.


Un jeune homme de 19 ans a tué trois personnes jeudi à Istres (Bouches-du-Rhône) avec une kalachnikov AK-74. L’individu est présenté comme un «passionné», voire un «spécialiste» des armes, accro aux jeux vidéos et à Internet. Il n’a pas encore livré aux enquêteurs d’explications claires. Selon le parquet, il s’était fait une spécialité d’acheter des armes neutralisées sur Internet et de les remettre en état de marche.