La cohabitation intergénérationnelle: Défi réussi avec l'association Pari Solidaire

INTERGENERATIONS Quand des personnes âgées et des jeunes cohabitent...

Alexandra Luthereau

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 Illustration - Echanges entre générations
 Illustration - Echanges entre générations — JAUBERT/SIPA

«Je ne suis plus seule», dit tout de go Claudie Bassé, retraitée et logeuse d’un jeune via l'association Pari Solidaire. Si une action pouvait illustrer au mieux la journée européenne de solidarité et de coopération entre les générations qui se fête aujourd’hui, ce serait probablement la cohabitation intergénérationnelle.

Claudie Bassé est propriétaire d’une maison dans l’Essonne. Quand ses deux fils sont partis, sa maison est devenue bien grande pour elle. «J’ai une mini retraite. Une maison doit être vivante. Et j’aime les jeunes», explique-t-elle très simplement. Alors c’est très naturellement qu’elle se tourne vers l’association Pari Solidaire pour trouver un cohabitant et arrondir ses fins de mois.
 

Tisser du lien entre les générations

Dès le départ, l’objectif affiché de l’association consiste à retisser du lien entre les générations. «Pour montrer que les jeunes ne sont pas tous en capuches et que les vieux ne sont pas toutes des Taties Danielle», raconte Aude Messéan, fondatrice et directrice de Pari Solidaire. Ce lien entre les générations se formalise par la vie ensemble. Le jeune accède à une chambre confortable à prix raisonnable, la personne âgée n’est plus seule et peut vivre plus longtemps chez elle dans de meilleures conditions de sécurité.
 
«Mais attention, le jeune n’est pas là pour être infirmier, assistant de vie ou aide ménagère. Ce qui est demandé c’est sa présence et qu’il appelle les secours en cas de nécessité», fait savoir clairement Aude Messéan.
 

Solidarité et échanges

Aussi la recherche de «binômes» est travaillée de façon minutieuse. L’association veille à ce que la chambre proposée aux jeunes réponde à des critères de confort, que la personne âgée en cas de dépendance soit bien accompagnée par les structures et aides disponibles pour que ce ne soit pas son cohabitant qui ait à s’en charger. De son côté, le jeune adulte doit motiver son envie de vivre avec un aîné. Au final, l’association fait en sorte que les «binômes» créés partagent des centres d’intérêt et des valeurs communes.
 
«Isabelle, étudiante ingénieur en agronomie, a vécu trois ans chez moi. Nous avions beaucoup d’affinités», se souvient Claudie Bassé. «Les week-ends on en profitait pour se faire des sorties, comme la ferme cueillette, des balades dans la forêt près de ma maison», continue-t-elle.
 
Même s’il n’y a aucune obligation de présence ou de partage de moments entre les deux cohabitants, cela fait tout de même partie des principes de base de ce système et des valeurs de la charte de l’association signée par les deux parties. Et finalement, c’est ce qui plaît et qui fait toute la saveur de cette cohabitation intergénération. «Je suis en contact avec plusieurs des jeunes que j’ai logés chez moi. On se donne des nouvelles. Certaines cohabitations créent des amitiés» révèle Claudie Bassé. Pari réussi donc!