Accusé d'enquête illégale sur ses salariés, Euro Disney répond lutte antiterroriste

JUSTICE Le parc d'attractions est poursuivi pour avoir fait enquêter illégalement des gendarmes...

avec AFP

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Le parc de Marne-la-Vallée craignait notamment un attentat ou des agressions pédophiles, alors qu'il reçoit des millions d'enfants chaque année. Le contrat avec les anciens gendarmes avait été signé après le viol d'un enfant par un employé.
Le parc de Marne-la-Vallée craignait notamment un attentat ou des agressions pédophiles, alors qu'il reçoit des millions d'enfants chaque année. Le contrat avec les anciens gendarmes avait été signé après le viol d'un enfant par un employé. — Jean-Pierre Muller AFP

Accusé d'avoir fait enquêter illégalement d'anciens gendarmes sur des milliers de salariés et candidats, Eurodisney a invoqué mercredi la lutte contre le terrorisme et la pédophilie, «prétextes» balayés par le procureur de Meaux qui a requis 100.000 euros d'amende.

«L'objectif numéro un, c'était la sécurité, et pas d'aller fouiller dans le passé des salariés», a plaidé devant le tribunal correctionnel Me Emmanuelle Kneusé, l'une des avocates d'Eurodisney. Le groupe, premier employeur de Seine-et-Marne, a fait procéder à des milliers de consultations illicites des fichiers entre 1997 et 2004. Elles devaient permettre de «renforcer la sécurité de nos visiteurs», a justifié le directeur juridique d'Eurodisney, Gilles Dobelles.

Aucune sanction prononcée chez Disney

Le parc de Marne-la-Vallée craignait notamment un attentat ou des agressions pédophiles, alors qu'il reçoit des millions d'enfants chaque année. Le contrat avec les anciens gendarmes avait été signé après le viol d'un enfant par un employé. «S'il y avait une catastrophe, un attentat terroriste, les syndicats viendraient nous rechercher pour ne pas avoir mis au point tous les dispositifs de sécurité nécessaires», a estimé Me Kneusé.

Depuis les faits, Eurodisney n'a sanctionné aucun responsable, et l'un d'eux, Eric Marion, est toujours chef de la sécurité. Pour le procureur Ludovic Hervelin-Serre, le terrorisme «n'avait qu'une valeur de prétexte». La preuve: des informations sur bien d'autres délits, du vol aux violences conjugales ont été consultées.

Une peine d'amende requise

De plus, comme l'a reconnu un des gendarmes, Eurodisney n'avait aucune chance de repérer un terroriste en puissance, car il aurait fallu pour cela s'adresser aux services de renseignements et non consulter les fichiers de police (Stic) ou de gendarmerie (Judex), qui recensent principalement les auteurs et victimes d'infractions.

Le procureur a requis une peine d'amende de 100.000 euros pour «recel de corruption active», «de violation du secret professionnel» et «de détournement de données informatiques confidentielles». Un montant élevé «mais qui aurait un sens au regard d'une société comme Eurodisney». Six à huit mois de prison avec sursis, assortis de 3.000 à 4.000 euros d'amende, ont été requis à l'encontre des deux anciens officiers de gendarmerie, Gilles Davennes et Denis Labelle.