Un rapport critique les statistiques sur la délinquance

Avec Reuters

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Les mesures policière et judiciaire de la délinquance sont «partielles, biaisées et insuffisantes» et doivent être davantage contrôlées, selon un rapport parlementaire rendu public mercredi. Ces statistiques sont conçues pour mesurer l'activité de services et non pour mesurer la délinquance, soulignent les députés.

Ils appellent de leurs voeux la création d'un service statistique dédié aux politiques de sécurité au sein du ministère de l'Intérieur ainsi qu'un renforcement des contrôles internes. «Les statistiques policières comme les statistiques judiciaires n'obéissent pas à des règles de saisie et de contrôle susceptibles d'assurer leur qualité. (...) Les distorsions que ces statistiques connaissent, comme les manipulations dont elles peuvent aisément faire l'objet, n'en font pas une source particulièrement fiable d'appréhension des délinquances», écrit dans son rapport la mission d'information sur la mesure statistique des délinquances.

«Pour disposer de données à la hauteur des enjeux de la délinquance, il est aujourd'hui indispensable de fiabiliser les procédures d'enregistrement et de collecte des statistiques», ajoute-t-elle, soulignant que la communication d'un chiffre unique n'est porteur «d'aucune réalité». Le ministre de l'Intérieur a présenté fin janvier un nouveau thermomètre de la délinquance et rompu avec la pratique de ses prédécesseurs consistant à dévoiler un chiffre unique de la délinquance générale.

Une orientation dont se félicitent les parlementaires. Manuel Valls entend également renforcer l'indépendance et l'autorité de l'Observatoire national de la délinquance, chargé de collecter et de confronter les différentes données disponibles. Cet observatoire n'a eu de cesse de dénoncer la communication d'un chiffre unique, rappellent dans leur rapport les députés, qui demandent également que soit renforcée son indépendance.