La somnolence à l’origine de près de mille décès sur les routes en 2012

SECURITE ROUTIERE Plus d'un accident meurtrier sur cinq serait dû à la somnolence au volant, selon l'association 40 millions d'automobilistes...

Alexandra Luthereau

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 Illustration - Automobiliste au volant
 Illustration - Automobiliste au volant — SORGE/CARO FOTOS/SIPA

La somnolence au volant pourrait expliquer près de mille décès en 2012, estime l’association 40 millions d’automobilistes dans son étude baptisée Institut de l’accident publiée ce lundi.

Dans son étude, l’association analyse les causes de décès sur la route et montre que le trio «excès de vitesse-alcool-téléphone portable» n’explique pas à lui seul les accidents mortels. En l’occurrence, l’association estime que la somnolence au volant serait responsable de 27% des tués sur la route, soit environ 800 décès. Et donc de préconiser des mesures «préventives» plutôt que le «tout-répressif».
 

Investir dans les infrastructures

40 millions d’automobilistes propose ainsi l’investissement dans des infrastructures comme les lignes sonores (marquage d’alerte audio-tactile) pour prévenir les sorties de route. En 2012, on dénombre un peu plus de mille décès liés à des pertes de contrôle en ligne droite. 40 millions d’automobilistes suggère également l’installation de glissières centrales sur les routes nationales. Une proposition qui repose sur un constat chiffré: en 2009, le taux de gravité (nombre de tués par rapport au nombre d’accidents corporels) était de 28% pour les chocs contre les arbres, alors qu’il n’était que de 6,6% pour les glissières de sécurité.
 
Enfin, l’association signale les nouvelles technologies développées par les constructeurs automobiles, qui pourraient lutter contre la somnolence au volant et ses accidents. Par exemple le système d’alerte de franchissement involontaire de ligne (ou Afil), dispositif qui avertit le conducteur quand il franchit involontairement une ligne continue ou discontinue.
 

Près d’un Français sur deux continue de conduire malgré la fatigue

En écho à ces recommandations, les chiffres publiés la semaine dernière par l’étude Axa Prévention/TNS Sofres le 17 avril montrent que la somnolence n’est pas suffisamment prise en compte par les Français, malgré la connaissance des risques. Ainsi, même fatigués, les Français continuent de conduire. Ils sont 85% à estimer que c'est dangereux et pourtant, 47% le font toujours. De même, les conducteurs sont 35% à conduire pendant quatre ou cinq heures d’affilée, alors qu’ils sont 63% à affirmer que c’est un comportement à risque.