La baisse des allocations familiales, une menace pour la natalité?

FAMILLE Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé que la modulation des allocations familiales pourrait toucher 15% des Français les plus aisés...

Delphine Bancaud

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Dans une antenne de la Caisse des allocations familiales (CAF) à Toulouse.
Dans une antenne de la Caisse des allocations familiales (CAF) à Toulouse. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

La France restera-t-elle la championne d’Europe de la natalité, même si les allocations familiales baissent pour les ménages les plus riches? La question est relancée après les propos de Jean-Marc Ayrault mercredi sur France Inter. Précisant que le gouvernement conserverait «l’universalité des allocations familiales», le Premier ministre a indiqué que la baisse des allocations familiales concernerait 15% des Français les plus aisés.

Une hypothèse proche d’un des scenarios du rapport Fragonard, remis à Jean-Marc Ayrault début avril, qui prévoyait une baisse s’appliquant à 17% des bénéficiaires d’allocations familiales. Celles-ci commenceraient à diminuer à partir de 5.072 euros de revenus mensuels pour un couple avec deux enfants et seraient divisées par quatre au-delà de 7.101 euros pour les ménages avec deux enfants.

Un effet psychologique redouté

Mais pour Guillaume Allègre, économiste à L’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la baisse des allocations pour ces familles «ne devrait avoir qu’un effet ténu sur la natalité, car à ce niveau de revenus, cette aide financière n’entre que peu en ligne de compte dans le choix d’avoir ou non un enfant». Un avis partagé par Olivier Thevenon, chercheur à l’Ined, qui pointe cependant l’effet psychologique que pourrait avoir une telle mesure sur les Français: «la manière dont sera présentée cette réforme essentielle.

Le gouvernement doit insister sur le fait que l’universalité des allocations familiales sera conservée. Car les Français ne doivent pas avoir l’impression que cette réforme annonce un démantèlement de la politique familiale».

C’est ce que redoute justement de son côté Guillemette Leneveu, directrice générale de L’union nationale des associations familiales (Unaf) se montre plus perplexe. Elle estime qu’une modulation des allocations familiales en fonction des revenus pourrait «introduire un facteur d’inquiétude, qui combiné avec la crise, pourrait avoir un impact sur l’envie de se projeter dans l’avenir en ayant un enfant». Un débat loin d’être bouclé.  

Les autres effets potentiels de la mesure

Pour Guillaume Allègre de l’OFCE, la réduction des allocations familiales pour les plus aisés pourrait affecter « leur consentement à l’impôt , car ils pourraient avoir l’impression de participer beaucoup et de ne recevoir pas grand-chose en retour ». Guillemette Leneveu de l’Unaf estime quant à elle que la mesure pourrait inciter « certaines femmes, notamment les mères de familles nombreuses qui seront les plus affectées par la diminution des allocations, à ne plus travailler».

 Les autres effets potentiels de la mesure

Pour Guillaume Allègre de l’OFCE, la réduction des allocations familiales pour les plus aisés pourrait affecter «leur consentement à l’impôt, car ils pourraient avoir l’impression de participer beaucoup et de ne recevoir pas grand-chose en retour». Guillemette Leneveu de l’Unaf estime quant à elle que la mesure pourrait inciter «certaines femmes, notamment les mères de familles nombreuses qui seront les plus affectées par la diminution des allocations, à ne plus travailler».