«Menace de chienlit», estime l'ex-Premier ministre Raffarin

© 2013 AFP

— 

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP), interrogé jeudi par LCI sur les dossiers Bettencourt et Tapie-Adidas, a déploré des "rebondissements" d'une "justice spectacle", qui lui paraissent nuisibles.
L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP), interrogé jeudi par LCI sur les dossiers Bettencourt et Tapie-Adidas, a déploré des "rebondissements" d'une "justice spectacle", qui lui paraissent nuisibles. — Eric Feferberg AFP

Jean-Pierre Raffarin (UMP) a demandé mercredi «un geste d'apaisement» du gouvernement face à «une menace de chienlit» que suscitent, selon lui, les grognes «sociale et sociétale».

«Il y a une montée de tension préoccupante» sur l'affaire du mariage pour tous, a déclaré l'ancien Premier ministre sur RTL, alors que le projet de loi revient en deuxième lecture à l'Assemblée.

«Qui est en charge de la cohésion sociale de notre pays ?», a demandé le sénateur de la Vienne, interrogé sur le rôle de son parti dans les manifestations de plus en plus virulentes contre cette réforme.

«Vous croyez que le gouvernement est innocent de cette tension, quand on a le niveau de chômage que nous avons, quand on a cette crise sociale dans ces profondeurs du pays et qu'on nous met un débat de société qui divise les Français ?», a-t-il argumenté. «Diviser les Français quand la France est aussi meurtrie et blessée, c'est une responsabilité».

Il a vu un «acte de violence» dans le fait d'ignorer «une pétition de 700.000 personnes» et de la «violence d'Etat» dans la garde à vue «de jeunes campeurs» protestataires qui voulaient s'établir près du Palais Bourbon.

«Le gouvernement doit envoyer un geste d'apaisement», a-t-il demandé.

«Par exemple, qu'il revienne au calendrier initial» du débat parlementaire, accéléré après le vote des sénateurs vendredi, a suggéré le responsable d'opposition.

Selon lui, «les tensions ne sont pas seulement liées au mariage pour tous». Il en veut pour preuve Jean-Marc Ayrault devant sortir« par une porte dérobée» d'un conseil national du PS samedi où étaient intervenus des syndicalistes en colère.

«On voit bien, pour parler à la de Gaulle, qu'il y a une menace de chienlit dans le pays», a dit M. Raffarin, reprenant un terme employé par le général en 1968.

Si l'UMP revient au pouvoir, elle doit «s'engager à réécrire le mariage pour tous»: «non à GPA-PMA» (gestation pour autrui et procréation médicalement assistée) «repenser l'adoption» et «trouver le statut» des couples homosexuels.

«Si la grogne sociale fait somme avec la colère sociétale, nous sommes en situation de grande fragilité», a encore averti M. Raffarin.