Redoine Faïd en cavale: Retour sur plusieurs évasions spectaculaires

FAITS DIVERS L'ancien braqueur est le dernier d'une longue série d'évadés en France...

Corentin Chauvel

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La prison de Fresnes (Val-de-Marne) après l'évasion explosive d'Antonio Ferrara, le 12 mars 2003.
La prison de Fresnes (Val-de-Marne) après l'évasion explosive d'Antonio Ferrara, le 12 mars 2003. — F.MORI / AP / SIPA

L’évasion de Redoine Faïd de la prison de Sequedin (Nord) a été particulièrement impressionnante d’efficacité. Ces dernières années, d’autres criminels ont tenté de se faire la belle avec succès. Retour sur quelques évasions spectaculaires et leurs conséquences.

Mars 2003: Antonio Ferrara, le «roi de la belle»

Le 12 mars 2003, la prison de Fresnes (Val-de-Marne) est littéralement prise d’assaut au petit matin par une dizaine d'hommes lourdement armés. A 4h15, la maison d’arrêt subit un feu ininterrompu pendant quinze minutes, le temps qu’Antonio Ferrara, placé volontairement à l’isolement depuis la veille, fasse sauter lui-même les barreaux de sa cellule. Ses complices le font ensuite sortir de la prison en explosant le portail d’entrée et en incendiant une dizaine de véhicules. Cette évasion spectaculaire aurait nécessité près de cinq mois de préparation. Mais le «roi de la belle» sera vite repris: quatre mois plus tard, il est arrêté dans un café parisien. Ironie du sort, Antonio Ferrara est actuellement en détention à la prison de Sequedin dont vient de s’échapper Redoine Faïd.

Février 2009: Christophe Khider, le récidiviste

L’ancien braqueur a connu de nombreuses prisons et presque autant de tentatives d’évasion, dont une spectaculaire à l’aide d’un hélicoptère braqué par son frère. Son quatrième essai, réalisé en compagnie d’Omar Top El Hadj à la prison de Moulins (Allier), est le bon et ressemble au mode opératoire de Redoine Faïd. Le 15 février 2009, vers 16h, les deux hommes vont au parloir rejoindre leurs compagnes respectives qui leur fournissent des armes et des explosifs. Les détenus prennent alors deux surveillants en otages et font sauter les portes pour sortir. Ils emmènent leurs otages avec eux avant de les relâcher en fin de journée. Mais leur cavale ne durera que deux jours en raison de l’improvisation de celle-ci. La dernière course-poursuite avec la police sur l’A86, près de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), sonne leur échec. Leur procès pour cette évasion s’est ouvert au début du mois.

Mars 2009: Jean-Pierre Treiber, caché dans un carton

Seul suspect dans l’affaire du meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier en 2004, l’ancien garde forestier s’offre une évasion peu commune le 8 septembre 2009. Alors qu’il travaille dans un atelier de la prison d’Auxerre (Yonne), il se cache dans un carton de livraison en fin de matinée. Jean-Pierre Treiber est emporté dans le chargement et sort de la maison d’arrêt en toute discrétion. Plus tard, il parvient à sortir du camion sans être vu et part en cavale pendant plus de deux mois. Il est finalement interpellé à Melun (Seine-et-Marne) le 20 novembre 2009, avant de se suicider dans sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne) en février 2010. 

Décembre 2012: les évadés de la Saint-Sylvestre

Il y en a qui creusent des tunnels et d’autres qui passent par le plafond. C’est le cas de trois détenus de la prison de Colmar (Haut-Rhin) qui ont profité de la nuit du Nouvel An pour se faire la malle. Particulièrement friable, le plafond de leur cellule n’a pas résisté longtemps à leurs assauts. Ils sont ensuite passés par les combles de la maison d’arrêt avant de se retrouver dans le palais de justice voisin et de filer. Peu dangereux, deux des trois jeunes détenus, âgés de 19 à 24 ans, se sont finalement rendus une semaine plus tard. Le troisième a été arrêté quelques jours après.