Un prince saoudien veut le permis pour les femmes, par économie

Avec Reuters

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Le prince Al Walid bin Talal, riche homme d'affaires saoudien et neveu du roi Abdallah, s'est déclaré favorable au droit de conduire des femmes, invoquant des raisons économiques.

Dans le royaume, qui applique strictement la loi islamique, les femmes n'ont pas le droit de conduire et dépendent de chauffeurs, pour la plupart étrangers. La question du droit de conduire des femmes «entraîne l'embauche d'au moins 500.000 chauffeurs étrangers, ce qui a un impact économique et social pour le pays», a écrit le prince dimanche sur son compte Twitter. L'Arabie saoudite, où travaillent près de neuf millions d'étrangers, a lancé cette année une campagne de répression contre les immigrés clandestins pour doper la proportion de Saoudiens dans le secteur privé, qui est actuellement de 10%.

Dans son message posté sur Twitter, le prince s'est également déclaré favorable à cette campagne. En 2011, plusieurs dizaines de Saoudiennes avaient répondu à la campagne «Women 2 Drive» en affichant sur les réseaux sociaux des photos et des vidéos les montrant en train de conduire. Certaines avaient été brièvement arrêtées. Deux ont été inculpées entre autres de «défi au monarque». L'une a été laissée en liberté après avoir signé une promesse de ne pas reconduire, tandis que l'autre a été condamnée à dix coups de fouet. Selon une princesse saoudienne qui s'exprimait sur Twitter, cette dernière peine n'a pas été exécutée.