Evasion de Sequedin: Comment Redoine Faïd s'est servi des failles du système

SOCIETE Le braqueur a trouvé les failles du système pénitentiaire pour s'évader...

A.-L.B.

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Redoine Faid sur le plateau de LCI pour la promotion de son livre, «Braqueur: des cites au grand banditisme», le 22 novembre 2010.
Redoine Faid sur le plateau de LCI pour la promotion de son livre, «Braqueur: des cites au grand banditisme», le 22 novembre 2010. — IBO / SIPA

La spectaculaire évasion de la prison de Lille-Sequedin par Redoine Faïd, samedi, est le fruit d’une préparation minutieuse qui s’est appuyée sur des failles du système pénitentiaire. L'homme est toujours en fuite ce lundi, malgré la délivrance d'un mandat d'arrêt européen dans l'ensemble de l'espace Schengen contre ce braqueur soupçonné d'une tentative d'attaque à main armée qui avait coûté la vie à une policière en mai 2010.

Redoine Faïd, qui affichait sa volonté de s'évader depuis des mois, précise Le Parisien, a été transféré il y a six mois de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) vers la maison d’arrêt de Lille-Sequedin. Mais, au lieu de subir une sécurité encore plus stricte, Redoine Faïd a profité de mesures de sécurité plus souples de cette maison d'arrêt par rapport aux maisons centrales pour mener à bien son projet d'évasion.

Demande de scanners corporels

Les deux établissements pénitentiaires disposent de mesures de sécurité différentes: «Les maisons d'arrêt reçoivent des prévenus et des condamnés dont le reliquat de peine est inférieur ou égal à un an», alors que «les maisons centrales reçoivent les condamnés les plus sensibles. Leur régime de détention est essentiellement axé sur la sécurité», définit l’Insee.

Avec ce transfert dans le Nord, l’équipe de quatre personnes chargées de la surveillance de Redoine Faïd a été notamment supprimée, rapporte Le Figaro. Ensuite, l’établissement pénitentiaire, construit en 2005 mais déjà surpeuplé, n’était pas prévu pour accueillir «des détenus dangereux» tel Redoine Faïd, a expliqué Etienne Dobremetz, représentant du syndicat Ufap-Unsa. C’est-à-dire que les mesures de sécurité du quartier commun ne «présentaient pas en termes de sécurité des mesures supplémentaires» adaptées au profil du détenu, a ajouté Etienne Dobremetz.

 


>> Qui est Redoine Faïd? Son portrait

Outre ces éléments matériels qui ont facilité la préparation de son évasion, Redoine Faïd a profité de complicités, peut-être même au sein de l’établissement. Des complicités indispensables au détenu pour se procurer téléphone, pistolet et explosifs, ont affirmé les représentants des syndicats.

>> Le récit de son évasion, à lire ici

Des objets qui ont pu être transmis au parloir, où se rencontrent détenus et proches. Etienne Dobremetz, représentant du syndicat Ufap-Unsa, a d’ailleurs regretté l'arrêt des fouilles au corps des détenus à l'issue de ces parloirs. Autre souci: l’établissement ne dispose pas de détecteurs d’explosifs, a regretté Nicolas Caron, délégué régional de FO pénitentiaire, qui a appelé à l'installation de scanners corporels et d'un filet anti-projection.

La ministre de la Justice Christiane Taubira, interrogée samedi sur l'absence de fouilles systématiques au parloir, a réfuté toute «faille» administrative.