Evasion de Sequedin: Redoine Faïd, un braqueur insaisissable

PORTRAIT L'homme qui s'est évadé de la prison de Sequedin samedi s'était repenti en 2010, avant d'être à nouveau soupçonné d'avoir participé à des braquages...

N. Beu.
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Redoine Faid sur le plateau de LCI pour la promotion de son livre, «Braqueur: des cites au grand banditisme», le 22 novembre 2010.
Redoine Faid sur le plateau de LCI pour la promotion de son livre, «Braqueur: des cites au grand banditisme», le 22 novembre 2010. — IBO / SIPA

Dans un livre publié en 2010, il se disait repenti, lassé de la cavale. Ce samedi, Redoine Faïd, braqueur multirécidiviste, s’est pourtant évadé de la prison de Sequedin (Nord) au moyen d’explosifs. Un nouveau rebondissement dans un parcours déjà très heurté.

Originaire de Creil (Oise), où il naît en 1972, Redoine Faïd grandit dans un quartier difficile. Caïd de banlieue, «braqueur des cités», comme il se définit lui-même en couverture du livre qu’il a co-écrit il y a trois ans, Faïd va au fil des années se spécialiser dans des types d’attaques plus proches des habitudes du grand banditisme. A son actif, la BNP de Creil en 1995 avec prise d’otage, une société informatique d’Evry (Essonne) en 1996, ou encore un fourgon blindé à Villepinte (Seine-Saint-Denis) en 1997.

«La prison, c'est trop cher payé»

Après trois ans de cavale qui le mènent en Suisse et en Israël, Redoine Faïd est finalement arrêté fin 1998. Il est condamné à trente-et-un ans de réclusion. Mais il n’en effectuera que dix, bénéficiant d’une libération conditionnelle au début de l’année 2009. Un tournant dans sa vie. Du moins, le croit-on.

Devenu officiellement cadre commercial dans le bâtiment public, celui qui a alors 37 ans se lance dans l’écriture d’un livre sur sa vie avec Jérôme Pierrat, journaliste spécialisé dans le grand banditisme. Il s’y présente en spécialiste des braquages et exprime surtout ses regrets. «La prison, tu la fais dans la douleur. Il y a beaucoup de jeunes, des dingues, et très peu de vrais truands. C'est trop cher payé», confiait-il ainsi au Point en octobre 2010. A la même époque, on lui prête des contacts dans le monde du cinéma, où des producteurs et réalisateurs voient en lui un conseiller technique. L’image du repenti est parfaite.

La cavale, encore

Mais tout bascule à nouveau en 2010. En juillet, une policière municipale, Aurélie Fouquet, est abattue à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) lors d’une course-poursuite faisant suite à une tentative de braquage. Une attaque à l’arme lourde, qui porte, selon la police, le sceau de Redoine Faïd. En janvier 2011, un coup de filet permet l’interpellation de 27 personnes. Le braqueur repenti, lui, reste introuvable. Par la voix de son avocat, il assure alors qu’il n’est en rien impliqué dans l’attaque de Villiers et annonce qu’il va se rendre. Au lieu de cela, il choisit la cavale. Encore.

Celle-ci durera moins longtemps que la première. En juin de la même année, Faïd est arrêté à Villeneuve-d’Ascq (Nord). Il était «peut-être sur le point de participer à un projet de braquage de transport de fonds dans la région lilloise», révèlent alors des sources proches du dossier, citées par La Voix du Nord, qui indique par ailleurs que l’ancien «braqueur des cités» est également soupçonné d’avoir participé à l’attaque à l’explosif d’un fourgon de transports de fonds entre Arras et Lens en mars.

Faïd est à nouveau incarcéré, à Sequedin. Cette même prison dont l’homme, âgé désormais de 40 ans, s’est échappé ce samedi matin.