Homophobie: Des milliers de personnes rassemblées à Paris contre les violences

REPORTAGE Le rassemblement avait lieu dans un contexte marqué par les manifestations contre le «mariage pour tous» et l'agression médiatisée de deux homosexuels le week-end dernier à Paris...

Matthieu Goar
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Rassemblement contre l'homophobie devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 10 avril 2013
Rassemblement contre l'homophobie devant l'Hôtel de Ville de Paris, le 10 avril 2013 — V.WARTNER / 20 MINUTES

Une place de l’Hôtel de ville noire de monde. Ce mercredi en début de soirée, des milliers de citoyens, responsables associatifs, élus se sont réunis dans le 1er arrondissement de Paris pour dénoncer la montée des actes homophobes. «Ils nous annoncent un printemps français, on a surtout un printemps pourri», a ironisé une organisatrice au micro. Une allusion aux activistes du Printemps français, opposants radicaux au mariage homo qui ont dégradé dimanche dernier la salle des Blancs manteaux où était organisé un rassemblement d’associations de défense des homosexuels.

Sur les pancartes, les manifestants, inquiets de la dégradation du climat politique, ont affiché les portraits de Jean-François Copé ou Christian Vanneste, les «visages de la haine». «Il y a des actes irresponsables parce que des mots violents ont été prononcés», a dénoncé la candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, devant Wilfried, l’un des deux homosexuels roués de coups le week-end dernier. Selon les témoignages recensés par SOS Homophobie, il y a eu autant d’actes homophobes entre janvier et mars que sur un semestre de l’année dernière. Ces actes avaient déjà progressé de 30% en 2012.

Les appels à l'aide explosent

Malgré son bon classement dans la lutte contre l'homophobie, la capitale n’est pas épargnée, même s’il est impossible d’obtenir des chiffres précis puisque les logiciels de police ne recensent pas encore les actes homophobes. «On se bat depuis des années pour obtenir ces chiffres. Mais quand vous entendez des hommes politiques de haut rang tenir de tels propos, Il est très probable que ça libère la parole et les actes de certains», témoigne Mickaël Bucheron, président de Flag, une association de gendarmes et de policiers gays, qui va prochaienement envoyer une lettre au ministre de l’Intérieur pour obtenir des statistiques précises.

Lorsqu’elle avait rencontré les responsables associatifs, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, s’était engagée à travailler en ce sens. «Ce qui est sûr, c’est que les appels aux centres associatifs ont explosé depuis quelques semaines. SOS homophobie a reçu la semaine dernière trois fois plus d’appels que lors d’une semaine normale. Quand on connaît la part d’autocensure dans ce genre de témoignages, c’est très inquiétant», déclare Stéphane Corbin, l’un des porte-parole de la fédération LGBT.