Territoire de Belfort: A l'école de Bourogne, les parents en retard mis à l'amende

SOCIETE Comme d’autre municipalités, Bourogne a décidé de faire payer les parents qui tardent à venir récupérer leurs enfants...

M.Gr.

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Illustration, cour d'ecole
Illustration, cour d'ecole — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

L'idée n'est pas nouvelle, mais elle semble se développer. Après Asnières (Hauts-de-Seine), Fresnes (Val-de-Marne) ou Strasbourg (Bas-Rhin), qui l'ont déjà adoptée, c'est maintenant Bourogne (Territoire de Belfort), petite commune de 2.000 habitants coincée entre Belfort et Montbéliard, qui vient de mettre en place un système d'amende pour les parents retardataires, rapporte Le Parisien ce mardi.

Dans les faits, ce système consiste à faire payer une pénalité aux parents qui ne viendraient pas récupérer leurs enfants à l'heure à l'issue du temps périscolaire (centres de loisirs, garderies). Le maire de la localité, Jean-François Roost, a donc décidé de sévir contre les retards à répétition d’une minorité de parents «qui récupèrent leurs enfants 15 à 30 minutes après la fermeture», explique-t-il.

5 euros d’amende

Les retardataires récidivistes de plus d’un quart d’heure devront désormais s’acquitter de 5 euros d'amende. Car des parents en retard, ce sont «des employées municipales qui ne peuvent partir et des heures supplémentaires à payer pour la mairie», argumente le maire.

Et ça aurait pu être pire. La sanction de 5 euros, l’équivalent de 2h30 de garderie ou d’un repas à la cantine, détaille l'Est Républicain, est en effet moins élevée que les pénalités appliquées par certaines mairies, où l'amende peut grimper jusqu'à 15 euros.

«On a le mérite d'être francs», se défend Nelly Piguet, l'adjointe chargée de l'éducation à Bourogne. Selon elle, «plusieurs villes comme Belfort facturent 2 euros pour chaque dépassement d'heure. Mais ils ne leur disent pas, c'est simplement inscrit sur la facture, souvent sans qu'ils ne s'en rendent compte.»

«Faciliter la vie des familles»

Mais l'élue reconnait que la mesure n'a pas déclenché l'enthousiasme des foules. «On sait que des parents ont une vie professionnelle intense. C'est pour cela que cette décision me contrarie un peu. Mais aussi, on est à la campagne et pas dans une grande ville, c'est plus facile pour eux de s'organiser», explique-t-elle au Parisien.

Du côté des parents, justement, beaucoup semblaient plutôt favorables à ce système, rapporte l'Est Républicain. «Si les retards sont répétés, c’est normal. Les gens doivent se discipliner», affirmait ainsi une maman, interrogée devant l'école. Ecole qui compte une centaine d'élèves et dont une quinzaine restent jusqu'à 18h30.

Quant à la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE), sa position est beaucoup plus tranchée. «C'est du délire! Qui pensent un instant qu'une sanction financière sur des parents pourra changer quoique ce soit? C'est la mairie qui doit se poser des questions et adapter ses horaires pour faciliter la vie des familles», expliquait au Parisien Marie-Laure Schneider, responsable départementale FCPE.

Permis à points

Mais pour aller encore plus loin, le maire et les élus de Bourogne ont décidé, à l'unanimité, de mettre en place à permis à points du savoir-vivre, détaille L'Est Républicain. Chaque enfant part ainsi avec un capital de 10 points.

Selon le règlement, «après cinq points perdus pour mauvaise conduite, les responsables de l’enfant seront contactés par téléphone. Après 10 points perdus, les parents recevront un courrier d’avertissement». Et là, les parents sont mitigés, rapporte le journal régional. Le seul bon point, c’est qu’ils n’auront pas de nouvelle amende à payer.

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