Le grand rabbin de France va devoir s'expliquer

POLÉMIQUE mpêtré dans une affaire de plagiat et accusé d'avoir usurpé le titre d'agrégé de philosophie, il devrait s'exprimer mardi...

M.Gr. avec AFP

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Le grand rabbin de France Gilles Bernheim, devant l'Elysée le 21 mars 2012
Le grand rabbin de France Gilles Bernheim, devant l'Elysée le 21 mars 2012 — WITT/SIPA

Le grand rabbin de France est dans une situation délicate. Déjà pointé du doigt pour plagiat, il apparaît que Gilles Bernheim aurait également usurpé le titre d'enseignant en philosophie dont il se prévalait, selon des constatations de l'AFP.

Agé de 61 ans, Gilles Bernheim, qui gardait jusqu'à maintenant le silence, a promis de s'exprimer «mais pas avant mardi», a précisé son porte-parole, Moshe Lewin. Mais la question de sa démission est désormais envisagée, après des révélations qui ont écorné la réputation de l'intellectuel.

Basés sur la confiance

Gilles Bernheim est crédité d'une agrégation de philosophie dans plusieurs notices biographiques, notamment dans le Who's Who, le très sérieux annuaire de référence des personnalités influentes, qui cite même le nom de l'université de la Sorbonne.

Mais des recherches menées dans 28 annuaires (de 1972 à 2000) à la Société des Agrégés d'Université, montrent que le nom du Grand Rabbin Gilles Bernheim ne figure dans aucune des listes des lauréats des concours d'agrégation de philosophie.

Selon le directeur du Who's Who, Etienne Prévost, cette information biographique émane, «non pas de la liste d'un annuaire officiel, mais de la notice remise par le Grand Rabbin lui-même, entré pour la première fois au Who's Who en octobre 2012. «Nous nous sommes basés sur la confiance», a-t-il précisé.

Affaires de plagiats

La présidente de la Société des Agrégés de l'Université, Blanche Lochmann, interrogée, n'a pas voulu se prononcer, tout en relevant que le nom du Grand Rabbin ne figurait pas non plus dans les listes du ministère de l'Education nationale.

«Il est très difficile pour une personnalité publique de tricher sur le fait qu'elle a une agrégation. Il s'agit en l'occurrence du premier cas aussi manifeste», a déclaré Blanche Lochmann.

Gilles Bernheim avait reconnu mercredi, après l'avoir nié, avoir plagié avec un nègre un philosophe décédé, pour l'écriture de son livre intitulé «Quarante méditations juives». Et  le rabbin aurait même récidivé, plagiant cette fois-ci L'idéologie du Gender Identité reçue ou choisie? (Editions Le Livre Ouvert), publié en mars 2012 par Joseph-Marie Verlinde, rapporte L'Express.

Le pape Benoît XVI lui-même avait salué ce texte du rabbin, le citant le 21 décembre dernier, dans son discours annuel à la Curie romaine. Sauf qu’il s’agissait là aussi d’un plagiat.