Meurtre d'Alexandre: Tout comprendre sur l'affaire

FAIT DIVERS Près de deux ans après les faits, l'enquête sur la mort de l'adolescent est en passe d'être résolue...

Corentin Chauvel avec agences

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Le principal suspect dans la mort d'Alexandre Junca, un homme de  27 ans (centre), accompagné par son avocate  Carine Magne (à gauche) arrive, le 7 avril 2013, au palais de justice de Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Le principal suspect dans la mort d'Alexandre Junca, un homme de 27 ans (centre), accompagné par son avocate Carine Magne (à gauche) arrive, le 7 avril 2013, au palais de justice de Pau (Pyrénées-Atlantiques). — T.SUIRE / AFP

Mickaël Baehrel, le principal suspect dans l'assassinat du jeune Alexandre Junca en juin 2011 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), a été mis en examen dimanche. S’il reste encore des zones d’ombre, ses aveux ont permis de résoudre en grande partie une enquête de près de deux ans, où le mystère est longtemps resté entier. 20 Minutes fait le point sur l’affaire.

Comment s’est déroulée sa disparition?

Le samedi 4 juin 2011, vers 22h50, Alexandre Junca, 13 ans, disparaît à Pau alors qu’il revenait chez son père en vélo, après avoir participé à une fête. Une caméra de surveillance montre une dernière trace de vie alors qu’il était à seulement 200 mètres de sa destination. Son vélo est retrouvé le lendemain, attaché à un poteau près du domicile de son père, mais avec un antivol différent de celui qu’il utilise habituellement. 

Quelles ont été les premières hypothèses?

Si toutes les hypothèses ont été ouvertes, celle de la fugue est privilégiée dans un premier temps à celle de la séquestration, notamment au vu de plusieurs témoignages. «Certains renseignements orientent plutôt vers une fugue», indique un responsable de la sûreté départementale de Pau la semaine suivant la disparition d’Alexandre. Dans un message vidéo, la mère de l’adolescent s’adresse à lui, lui demandant des nouvelles. Après une dizaine de jours sans aucune trace du collégien, la thèse de la fugue s’amenuise et celle de la séquestration refait surface.

Quand a eu lieu la première découverte notable concernant sa disparition?

Malgré l’important dispositif établi pour le retrouver, aucune trace d’Alexandre n’est décelée jusqu’au 26 juin 2011. Un fémur est découvert par un sans-abri sous une digue provisoire édifiée sur le Gave, la rivière traversant Pau. Quatre jours plus tard, le 30 juin, les analyses ADN révèlent qu’il s’agit d’un membre de l’adolescent, découpé post-mortem.

Comment s’est déroulée la suite de l’enquête?

Il a fallu attendre le mois d’octobre, soit près de quatre mois après la découverte du fémur, pour retrouver d’autres restes du corps d’Alexandre. C’est dans les alentours de la digue temporaire, construite peu après la disparition de l’adolescent, qu’ils ont été découverts. Cet autre emplacement n’avait pas pu être exploré par les enquêteurs en raison de travaux.

Qu’est-ce qui a fait basculer l’enquête?

Un an après le meurtre d’Alexandre, le mystère restait entier en dépit des quelque 2.000 procès verbaux rédigés et des centaines de personnes interrogées. Plus qu'à un tueur en série les policiers pensent avoir à faire à une personne qui aurait agi dans l'instant, en rencontrant Alexandre ce soir-là, et qui connaissait bien Pau. Cette piste est la bonne et c’est finalement mercredi dernier que cinq personnes ont été interpellées et gardées à vue dans le sud-ouest de la France: deux à Pau, une à Tarbes, une à Lourdes et une à Bayonne. Ce sont finalement quatre d’entre elles qui ont été mises en examen samedi et dimanche pour assassinat avec les circonstances aggravantes d'actes de torture et de barbarie, enlèvement et séquestration durant plus de sept jours de la victime âgée de moins de quinze ans, le tout en bande organisée. Elles ont toutes été placées en détention.

Quelle est leur version de l’histoire?

Elle reste pour le moment assez floue. Mickaël Baehrel, un marginal de 27 ans, a avoué avoir violemment frappé Alexandre à la tête avec un marteau après l’avoir croisé sur son vélo. Fortement alcoolisé le jour des faits, il a dit avoir tué l'adolescent «parce qu'il avait la rage», selon le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller. Les trois autres personnes mises en examen sont la compagne de Mickaël Baehrel, âgée de 47 ans, ainsi que deux hommes de 26 et 74 ans dont le rôle dans l’affaire est encore à déterminer.