Sondages de l’Elysée: Les enquêteurs de police n’ont rien trouvé chez Patrick Buisson

Vincent Vantighem

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Patrick Buisson, en juin 2009.
Patrick Buisson, en juin 2009. — IAFRATE PATRICK/SIPA

Ils n’ont pas mis la main sur les fameux sondages manquants. Les enquêteurs de police qui perquisitionnaient, depuis ce jeudi matin, le bureau et le domicile de Patrick Buisson «n’ont rien trouvé», a indiqué une source policière à 20 Minutes. Aucune garde à vue n’a par ailleurs été prononcée lors de cette journée.

«Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien dans l’enquête»

Chargé de l’enquête sur les sondages de l’Elysée, le juge Tournaire voulait mettre la main sur plusieurs sondages commandés par l’Elysée entre 2011 et 2012 et qui auraient disparu des archives de la présidence de la République. «Les policiers n’ont rien trouvé, a indiqué une source policière. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien dans l’enquête. Il y a de forts soupçons sur ces sondages réalisés sans appel d’offres.»

Conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson est également le gérant de la société Publifact qui a réalisé plusieurs sondages pour le compte de l’Elysée sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Dans cette affaire, c’est l’association Anticor –qui lutte contre la corruption– qui a déposé plainte pour des faits de «favoritisme» et de «détournements de fonds publics». Car les sondages auraient été commandés à Patrick Buisson sans faire l’objet d’un appel d’offres, alors que la procédure l’exige.

300 sondages pour 9,4 millions d’euros

Dans cette procédure, le juge Tournaire peut s’appuyer sur le travail de fourmi réalisé par Raymond Avrillier. Militant écologiste à Grenoble (Isère) et membre d’Anticor, il s’est battu pour obtenir les documents relatifs aux commandes de sondages réalisés sous Sarkozy. «Il m’en manque encore une partie, confiait-il en juillet 2012 à 20 Minutes. Mais je sais déjà que l’Elysée a fait réaliser plus de 300 enquêtes d’opinion pour un montant au moins égal à 9,4millions d’euros», confiait-il en juillet 2012.

«Et puis, poursuit Raymond Avrillier, certains sondages n’avaient rien à voir avec la fonction de chef de l’Etat de Sarkozy.» Plutôt avec celle de candidat à la présidentielle. Dans la pile de documents qu’il s’est procurée, l’élu a été surpris de découvrir un sondage sur la perception qu’ont les Français du mariage Sarkozy-Bruni et même un autre sur la candidature potentielle de DSK. «Le délit de favoritisme est flagrant!» conclut Raymond Avrillier.