Des investisseurs qataris vont racheter la totalité du Printemps

avec AFP

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Le montant de cette opération, qui devrait se conclure d'ici à l'été, n'est pas spécifié dans le document.
Le montant de cette opération, qui devrait se conclure d'ici à l'été, n'est pas spécifié dans le document. — Thomas Samson AFP

Des investisseurs qataris vont devenir les uniques propriétaires du Printemps, après avoir racheté les participations non seulement de la Deutsche Bank mais aussi du groupe italien Borletti, selon des documents dont l'AFP a eu connaissance jeudi. Au départ, il était prévu que le groupe Borletti, qui possède actuellement 30% du Printemps, resterait propriétaire du groupe de grands magasins, et ne ferait que s'associer aux qataris pour financer le rachat des 70% détenus par Deutsche Bank (RREEF).

«Face au souhait de désengagement de Rreef, le groupe Borletti a décidé de s'appuyer sur des investisseurs de long terme», la société luxembourgeoise Disa «fonds d'investissement regroupant des investisseurs qataris», indique le document reçu par l'AFP.

Intérêt pour le rachat

Ces «investisseurs ont manifesté leur intérêt pour le rachat de cette participation tout en souhaitant également acquérir l'intégralité du capital de Borletti Group. C'est dans ce cadre que les actionnaires de Borletti Group ont également choisi de céder la totalité de leur participation dans Borletti Group à Disa», est-il ajouté.

«De sorte qu'à la fin de l'opération, cette dernière (Disa) serait propriétaire de 100% de Borletti Group, qui serait elle-même propriétaire de 100% de PHL» (Printemps Holding Luxembourg, qui détient l'intégralité du Printemps, ndlr). Le montant de cette opération, qui devrait se conclure d'ici l'été, n'est pas spécifié dans le document.

Fonds nécessaires

Le Printemps, qui dispose de 16 magasins en France, dont son vaisseau amiral Printemps-Haussmann sur les Grands Boulevards parisiens, avait été cédé en octobre 2006 par PPR sur la base d'un prix des actifs de 1,075 milliard d'euros. Depuis le chiffre d'affaires du groupe a bondi de 30% pour atteindre 1,45 milliard d'euros en 2011, et le résultat opérationnel a été doublé.

Les Galeries Lafayette, qui avaient elles aussi pris contact avec les Qataris pour mettre la main sur le Printemps -qu'elles convoitaient déjà en 2006- avaient fait une offre de 1,8 milliard fin 2012 rejetée. Un article de Médiapart indiquait mercredi que le montant de la cession du Printemps aux qataris serait de 1,6 milliard d'euros.

Conseils payants

Selon les documents reçus jeudi, «Disa dispose des fonds nécessaires au financement du projet envisagé» mais n'exclut pas d'avoir «recours à un financement bancaire» pour cet investissement. L'équipe de direction actuelle du Printemps sera maintenue, avec à sa tête l'actuel PDG Paolo de Cesare. Borletti resterait également pour «fournir aux investisseurs des conseils d'ordre opérationnel et stratégique en continuité avec le plan d'affaires actuellement mis en oeuvre», est-il noté dans les documents.

Selon Médiapart, le groupe Borletti pourrait ainsi obtenir «au moins 500 millions d'euros sur cinq ans» en contrepartie de ces conseils.