Les Femen manifestent contre l’islamisme: «Elles tombent dans le piège tendu par les salafistes djihadistes»

RELIGION Mercredi devant la Grande Mosquée de Paris, les Femen ont brûlé un drapeau présenté comme «salafiste». Or, «ce drapeau est un symbole de l'islam général», explique le chercheur germano-égyptien Abdelasiem El Difraoui...

Bérénice Dubuc

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Des militantes Femen amènent devant la Grande Mosquée de Paris un drapeau présenté comme «salafiste» avant d'y mettre le feu, le 3 avril 2013.
Des militantes Femen amènent devant la Grande Mosquée de Paris un drapeau présenté comme «salafiste» avant d'y mettre le feu, le 3 avril 2013. — AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Mercredi, trois Femen ont brûlé, seins nus, un drapeau présenté comme «salafiste» devant la Grande Mosquée de Paris pour marquer leur soutien à la Femen tunisienne Amina Tyler. Sur leur page Facebook, plusieurs photogaphies de ce coup d’éclat ont été publiées, certaines légendées «Femen Action Against Salafist» («Action des Femen contre les salafistes»), et plusieurs médias l’ont évoqué, indiquant que des Femen avaient brûlé «le drapeau salafiste».

Mais, problème: ce drapeau n’est pas «le drapeau salafiste», mais une récupération d’un symbole de l’islam par les salafistes, comme l’explique à 20 Minutes le chercheur germano-égyptien Abdelasiem El Difraoui, docteur de Sciences Po Paris et auteur d'Al-Qaida par l’image, la prophétie du martyr (Ed. PUF).

«Ils cherchent à s’approprier ce symbole»

«Ce drapeau est un symbole de l’islam général. C’est l’un des drapeaux du Prophète et la chahada, la profession de foi de l'islam, est calligraphiée dessus en lettres blanches. Le drapeau de l’Arabie Saoudite est similaire, sauf qu’il est sur fond vert», explique l’islamologue. Selon lui, «les Femen tombent dans le piège tendu par les salafistes djihadistes. Ils cherchent à s’approprier ce symbole, mais ce n’est pas leur drapeau. Cette erreur démontre le succès qu’ils ont lorsqu’ils tentent de s’approprier les symboles de l’islam. C’est une victoire symbolique pour eux».

Une méprise qui favorise l’amalgame entre salafisme et islam, d’autant plus que les Femen ont choisi la Grande Mosquée de Paris, lieu symbolique de l’islam en France, pour leur opération «Bare breasts against islamism» («Seins nus contre l’islamisme»).