«Mariage pour tous»: Qui se cache derrière le masque des Hommen?

Romain Lescurieux

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Capture d'écran d'une vidéo YouTube sur une action des Hommen, le 27 mars 2013.
Capture d'écran d'une vidéo YouTube sur une action des Hommen, le 27 mars 2013. — 20minutes.fr

 Mardi 2 avril au soir aux abords de la Gare Saint-Lazare à Paris, une quinzaine d’hommes masqués et torse nu sont symboliquement bâillonnés par un des leurs, déguiséen François Hollande. Cette deuxième apparition publique des Hommen a duré trente minutes, mais«nous ne comptons pas nous arrêter là», prévient Henri, un des responsables du mouvement.

«Tant que la loi sur le mariage gay n’est pas retirée, nous poursuivrons nos actions.» Les membres de collectif Hommen né au soir de la «Manif pour tous» du 24 mars, réclament visages masqués et dépoitraillés -à l’image des Fémen- le retrait de la loi Taubira.

«Dorénavant, c’est au gouvernement de s’expliquer»

A la suite dece qu’ils appellent les«bavures policières» sur des enfants lors de cette dernière manifestation, Henri accompagné d’autres hommes «indignés»ont décidé d’agir. C’est ainsi qu’ils ont créé les Hommen pour «s’opposer fermement à la politique actuelle qui veut bâillonner le peuple». Sur leur site les Hommen revendiquent: «Derrière nos masques blancs se cache la majorité silencieuse qui sort de l'ombre, demandant pacifiquement mais avec détermination un débat serein et démocratique sur le mariage homosexuel, et un vote par referendum.»

Tout en se déclarant apolitiques, les Hommen ne demandent «rien d’autre que l’abandon de cette loi», sans toutefois donner de raisons: «Dorénavant, c’est au gouvernement de s’expliquer. Pas à nous», assène Henri. Lui, n’exclut d’ailleurs pas une radicalisation de son mouvement: «La seule réponse du gouvernement a été la violence, nous pouvons répondre de la même manière», poursuit-il.

«Nous nous revendiquons de la mouvance du printemps français», déclare-t-il encore. Ce mouvement est entré en dissidence avec le collectif de la «Manif pour tous»de Frigide Barjot, après l'éviction le 18 février 2013 de Béatrice Bourges, présidente du Collectif pour l’enfant. «Nous restons toutefois assez indépendants. Nous ne contactons pas Béatrice Bourges pour organiser nos actions», précise Henri.

Deux apparitions publiques en une semaine

Depuis la création des Hommen, volontaires et autres anonymes «venus de partout» arborent le masque blanc lors de réunions publiques improvisées. «Il n’y a pas de profil type. Notre seul point commun est l’opposition au mariage gay», répète Henri. Le 27 mars dernier, trois jours après la manifestation, ils se présentent devant la préfecture de police de Paris pour leur première apparition publique. Le torse peint de slogans tels que «Liberté», «Démocratie» ou encore «Gaz no more», ils réclament alors des excuses au préfet Bernard Boucault pour «les débordements» et «violences policières» lors de la dernière manifestation contre le mariage gay.

A ce titre, les Hommen détournent les affiches d’une campagne de la prévention routière pour représenter, au sol, la silhouette marquée à la craie de «Kévin, 12 ans, gazé le 24 mars». Puis, ils utilisent l'image de Jean Moulin pour signifier leur «résistance» au mariage pour tous. Leur compte twitter@Hommen_France est par ailleurs fermé.

Si la présence des Hommen jeudi 4 avril devant le Sénat n’est pas confirmée par son responsable, il indique toutefois qu’il y sera avec d’autres «masqués ou non».