Une enquête pointe l'absence de diversité chez les préfets et les ambassadeurs

EXCLUSIF Sur les 52 préfets nommés par François Hollande, seuls trois sont issus de l'immigration...

Vincent Vantighem

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François Hollande, lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le 27 août.
François Hollande, lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le 27 août. — AFP

Pour eux, tout cela manque cruellement de couleurs. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) et l’association Banlieue Citoyenne dénoncent, ce mercredi dans une enquête, la faible proportion de personnes issues de la diversité chez les ambassadeurs et préfets nommés par François Hollande depuis son arrivée au pouvoir. Selon cette étude, que 20 Minutes s’est procuré en exclusivité, un seul ambassadeur est ainsi issu de l’immigration sur les 32 que François Hollande a installés depuis qu’il occupe l’Elysée. Il s’agit de Zaïr Kedadouche, ambassadeur de France à Andorre.

 Les choix «stupides» de Hollande

La proportion est quasi la même chez les préfets. Sur les 52 choisis par le chef de l’Etat, seuls trois sont ainsi issus de la diversité. «Aujourd’hui au total, 3,96% des préfets et 2,39% des ambassadeurs ne sont pas blancs, résume Thiaba Bruni, présidente de Banlieue citoyenne et auteure de l’étude. Ces résultats ne sont pas cohérents avec les promesses de campagne.»

>> Lire l'interview du président du Cran

Les associations réclament donc déjà un changement dans l’accès aux grandes écoles. «Et puis, il faut surtout une vraie volonté politique, estime Louis-Georges Tin, président du Cran. Les choix de François Hollande sont stupides car il a réalisé ses meilleurs scores en outre-mer et en Seine-Saint-Denis. Ceux qui ont massivement voté pour lui pourraient bien s’abstenir à l’avenir.»

Sitôt la présidentielle passée, François Hollande avait pourtant pris les choses en mai. Le 7 juin 2012, Faouzi Lamdaoui, son conseiller à la Diversité, avait reçu les associations à ce propos. «Il avait du mal à trouver des profils issus de l’immigration pour compléter les cabinets ministériels, se souvient Thiaba Bruni. Nous lui avions envoyé une trentaine de CV. Mais, au final, aucun des candidats n’a été sollicité, ne serait-ce que pour un entretien.» Contacté mardi, Faouzi Lamdaoui n’a pas souhaité répondre à nos questions.