Autisme: L'espoir des familles a laissé place à la colère

avec AFP

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Diagnostics tardifs de l'autisme, mauvaise prise en charge, manque de places d'accueil: les associations et familles concernées par ce trouble ont le sentiment de voir leurs revendications rester lettre morte, après des plans successifs qui ont peu amélioré la situation.
Diagnostics tardifs de l'autisme, mauvaise prise en charge, manque de places d'accueil: les associations et familles concernées par ce trouble ont le sentiment de voir leurs revendications rester lettre morte, après des plans successifs qui ont peu amélioré la situation. — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Diagnostics tardifs de l'autisme, mauvaise prise en charge, manque de places d'accueil: les associations et familles concernées par ce trouble ont le sentiment de voir leurs revendications rester lettre morte, après des plans successifs qui ont peu amélioré la situation.

Mardi, la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme devait être l'occasion pour le gouvernement de dévoiler un troisième plan autisme, annoncé cet été. «Les familles attendent tout de ce plan mais la France a 40 ans de retard, le chantier est phénoménal», prévient Danièle Langloys, présidente d'Autisme France, craignant une succession de «voeux pieux».

Orientation vers le milieu psychiatrique

Les associations et les familles se battent pour la mise en place de «structures adaptées», «un dépistage précoce» et la «prévention» de l'autisme, qui touche entre 250.000 à 600.000 personnes en France.

Le deuxième plan, lancé en 2008, a «apporté des choses nouvelles», reconnaît M'Hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'autisme, citant «un socle de connaissances actualisées et l'autorisation de créations de structures innovantes avec des prises en charge adaptées et éducatives». Mais ce plan «n'a été exécuté qu'à moitié», déplore-t-il aussitôt.

Oppositions pour la prise en charge

Un bilan du plan autisme 2008-2010, publié en janvier 2012, faisait état de 342 places réellement installées pour les adultes et 1.330 pour les enfants à la fin 2010, sur 4.100 places prévues pour la période 2008-2014.

Aujourd'hui, «les personnes sont automatiquement orientées vers le milieu psychiatrique», dénonce Vaincre l'autisme. La prise en charge de l'autisme fait en effet l'objet d'une vive opposition entre les partisans d'une méthode de soin psychiatrique d'une part et éducative d'autre part.