Assassinat Sollacaro: Trois personnes en garde à vue à Nanterre et Ajaccio

ENQUETE Les trois individus seraient tous connus des services de police...

avec AFP

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Trois personnes étaient toujours en garde à vue lundi à Nanterre et Ajaccio dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en 2012 de l'un des avocats corses les plus connus, Antoine Sollacaro, défenseur notamment d'Yvan Colonna.
Trois personnes étaient toujours en garde à vue lundi à Nanterre et Ajaccio dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en 2012 de l'un des avocats corses les plus connus, Antoine Sollacaro, défenseur notamment d'Yvan Colonna. — Pascal Pochard Casabianca AFP

Trois personnes étaient toujours en garde à vue ce lundi à Nanterre (Haust-de-Seine) et Ajaccio (Corse-du-Sud) dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en 2012 de l'un des avocats corses les plus connus, Antoine Sollacaro, défenseur notamment d'Yvan Colonna, apprend-on de source proche de l'enquête.

Ces trois personnes, des hommes, font partie d'un groupe de cinq personnes, trois hommes et deux femmes, interpellées samedi à Paris et en Corse. Les deux femmes ont été rapidement libérées, a-t-on indiqué de même source.

Il tente de se débarrasser d'une arme

L'un des trois hommes, arrêté samedi près d'Ajaccio, a tenté de se débarrasser d'une arme au cours son interpellation, a-t-on précisé, confirmant des informations de presse. L'homme dont l'identité n'a pas été révélée serait connu des services de police et aurait été condamné pour trafic de stupéfiants, toujours selon des informations de presse, confirmées de source proche du dossier. Les deux autres hommes, connus des services de police pour des affaires de grand banditisme, ont été interpellés à Paris.

Les coups de filet avaient débuté mercredi avec l'interpellation d'au moins six personnes, dont un CRS à Luynes (Bouches-du-Rhône) près de Marseille, à l'encontre duquel aucune charge n'a finalement été retenue, ainsi qu'un concessionnaire et un garagiste de la région d'Ajaccio.

Trois personnes placées sous le statut de témoin assisté

Selon le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, trois personnes dont l'identité n'a pas été révélée ont été placées sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre le statut de mis en examen et celui de simple témoin, et remises en liberté. Selon une source proche du dossier il s'agirait du concessionnaire, du garagiste et d'un de leurs employés.

Le magistrat avait ajouté dimanche que parmi les personnes interpellées depuis mercredi figuraient des «individus inconnus de la justice et d'autres appartenant au grand banditisme».

La thèse d'un assassinat privilégiée

Les policiers «privilégient la thèse d'un assassinat intervenu dans le cadre d'une guerre entre gangs criminels rivaux en Corse-du-Sud», a déclaré ce lundi une source proche du dossier. Ils travaillent essentiellement sur une moto abandonnée il y a quelques semaines près d'Ajaccio et qui aurait pu être utilisée par le commando de tueurs de Me Sollacaro. Un engin identique, une BMW 1200 GS de fabrication allemande, avait été filmé par les caméras de surveillance de la station-service d'Ajaccio où l'avocat avait été tué en octobre.

Les enquêteurs semblent certains qu'il s'agit de la moto des tueurs et qu'elle aurait pu être utilisée pour un autre assassinat, celui du président de la chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer, tué par balles dans son magasin du centre d'Ajaccio le 14 novembre 2012. Des caméras de surveillance avaient également filmé la scène.

Reconstitution

Les policiers souhaitent reconstituer le «parcours» de la moto pour tenter de remonter jusqu'aux assassins. L'engin avait été retrouvé dans un ravin à quelques dizaines de kilomètres d'Ajaccio. Des empreintes ont pu y être prélevées, dont celles du CRS interpellé. Le fonctionnaire a dit qu'il avait pu avoir à manipuler l'engin lors d'un contrôle quand il était en service en Corse.

Ancien bâtonnier d'Ajaccio, l'avocat, âgé de 63 ans, avait été tué par balles, le 16 octobre 2012, de façon très professionnelle par un tueur à moto. Atteint notamment de plusieurs balles à la tête, Me Sollacaro se trouvait au volant de sa voiture dans une station-service de la route des îles Sanguinaires, près du centre-ville, où il s'arrêtait tous les jours acheter le journal, en provenance de son domicile.