La pilule contraceptive provoque 2.500 accidents et 20 décès chaque année en France

SANTÉ 'agence du médicament l'annonce dans un rapport portant sur les années 2000 à 2011...

M.Gr.

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Illustration de plaquettes de pilules Diane 35, un antiacnéique détourné en contraceptif.
Illustration de plaquettes de pilules Diane 35, un antiacnéique détourné en contraceptif. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les pilules contraceptives entraînent chaque année plus de 2.500 «accidents» par formation de caillots dans les veines et 20 «décès prématurés» de femmes, affirme un rapport diffusé ce mardi matin par l'Agence du médicament (ANSM).

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Dans son analyse, l’ANSM a pu estimer le nombre d’accidents thromboemboliques veineux attribuables aux différentes générations de pilules contraceptives, ainsi que la mortalité liée à ces événements, chez les femmes âgées de 15 à 49 ans exposées aux contraceptifs oraux combinés (COC), en France, entre 2000 et 2011.

Dans ce rapport, l'ANSM indique que le risque d’accidents thromboemboliques veineux existe en population générale mais il est faible. D'après l'agence, le risque augmente avec l’âge chez toutes les femmes, qu’elles soient ou non utilisatrices de COC. Il est cependant plus important sous COC de 3ème ou de 4ème génération que sous COC de 1ère ou de 2ème génération.

Vingt décès par an

Entre 2000 et 2011, le risque thromboembolique veineux lié aux COC est estimé à 2.529 par an dont 1.751 sont «attribuables» aux pilules de 3ème et de 4ème génération. Le nombre de décès annuels par embolie pulmonaire «attribuables» à l’utilisation des COC est quant à lui estimé à 20. Cela représnte six décès «attribuables» aux COC de 1ère et de 2ème génération et 14 «attribuables» aux COC de 3ème et de 4ème génération. Les COC sont utilisés par 4,27 millions de femmes (chiffres 2011).

Pour limiter le risque de survenue d’accidents thromboemboliques veineux, et de décès associés, l'agence rappelle également diverses précautions. Parmi celles-ci, figurent l'utilisation en seconde intention des COC de 3ème et de 4ème génération, la prise en compte des facteurs de risque avant toute prescription, la sensibilisation des femmes et des professionnels de santé au risque d’accidents thromboemboliques veineux et aux signes associés devant les alerter et amener à consulter pour une prise en charge précoce, ainsi que le recours au moyen de contraception le mieux adapté à chaque utilisatrice.

Les pilules de 3ème et 4ème génération perdent du terrain

Dans son rapport, l'ANSM note par ailleurs une baisse de l’utilisation des COC de 3ème et de 4ème génération qui se poursuit depuis le début de l’année. Une analyse des données d’utilisation au 1er mars 2013, issues du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) et de Celtipharm, montre que d’une manière générale le recours aux moyens de contraception dispensés en pharmacie, hors préservatif, a diminué de 1,4 % en février 2013 par rapport à février 2012.

Cette tendance est particulièrement soutenue pour les COC de 3ème et de 4ème génération puisque la diminution observée entre ces deux périodes atteint le niveau de 34 %. Cette baisse s’accompagne d’une importante hausse de l’utilisation des COC de 2ème génération, qui a pour sa part augmenté de 26,5 % en février 2013 par rapport à février 2012, rappelle l'agence.