Attaque d’un RER à Grigny: «Il n’y aura pas de répit pour ces voyous», promet Manuel Valls

Propos recueillis par William Molinié

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Paris, le 28 décembre 2012. Manuel Valls, entre dans une station RER, gare de Lyon
Paris, le 28 décembre 2012. Manuel Valls, entre dans une station RER, gare de Lyon — ALFRED / SIPA

Après l'attaque d’un RER à Grigny samedi dernier, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, confie dans un entretien à 20 Minutes réfléchir à étendre la police d’agglomération à la grande couronne pour mieux sécuriser les transports franciliens.

Samedi dernier, des voyageurs se sont fait détrousser par des jeunes dans une rame du RER D. Vous vous êtes déplacé mardi à Grigny (Essonne). Quel est votre sentiment?

Des passagers ont été littéralement dépouillés de leurs biens après avoir été frappés de coups et aspergés de gaz lacrymogènes. J’ai dénoncé ces faits avec la plus grande fermeté en me rendant sur place. Il est intolérable que des bandes sèment la terreur et s’en prennent ainsi aux Franciliens qui doivent pouvoir emprunter les transports en commun en toute tranquillité. Je ne veux pas banaliser ces violences.

L’enquête avance-t-elle?

Les services de police saisis de cette affaire sont mobilisés pour retrouver les auteurs, les confondre et les livrer à la justice. Tous les éléments sont en cours d’exploitation, notamment la vidéosurveillance. Des renforts de forces mobiles ont été déployés sur la gare de Grigny aux horaires de fin d’après-midi et de soirée. Il n’y aura pas de répit pour ces voyous. Nous allons les harceler en permanence et les résultats viendront très vite.

Quelles sont vos pistes pour améliorer la sécurité dans les transports en commun?

L’étendue du réseau et la mobilité de ces bandes nous obligent à être extrêmement réactifs. La préfecture de police [PP] a une responsabilité sur l’ensemble des transports en Ile-de-France. J’ai demandé au Préfet de Police, Bernard Boucault, un travail de réflexion afin d’étendre à la grande couronne les compétences de la police d’agglomération, au moins en zone dense. Nous parlons du Grand Paris en matière de transports, de logement et de développement économique. Nous avons aussi besoin d’un Grand Paris en matière de police. Pour gagner en efficacité, il faut une meilleure liaison entre la police ferroviaire, la police aux frontières, les polices locales et les moyens techniques, comme la vidéo-protection.

Comment comptez-vous élargir les compétences de la PP?

Il faudrait un texte de loi. Chacun reconnaît le succès de la police d’agglomération sur Paris et la petite couronne. Quand j’étais maire d’Evry [Essonne], j’avais déjà demandé que la grande couronne intègre la police d’agglomération. On m’avait opposé la nécessité de procéder par étapes. Mais nous voyons bien que nous avons besoin entre l’A86 et la Francilienne d’accroître la présence de la police et de mieux coordonner son action. Les violences sur la ligne D du RER nous le montrent bien. Cette délinquance ne s’arrête pas aux frontières départementales de la petite couronne.

Dans quel calendrier?

Je souhaite que d’ici l’été, cette première phase de réflexion soit achevée avec l’ensemble des services de l’Etat et de la police. Ensuite, je serai amené à faire une proposition concrète au Premier ministre.

Aurait-on pu éviter l’attaque de Grigny si l’action de la police avait été mieux coordonnée?

Il n’y a pas de risque zéro. Grigny est une ville où il y a des difficultés majeures, elle est depuis cet été en ZSP. Les policiers y mènent une action acharnée contre les trafics de drogue et les bandes. La gare a été rénovée grâce à l’action de la région et de la SNCF. Elle bénéficie de la vidéosurveillance. Mais samedi dernier, à 23h, c’est un train à quai qui a fait l’objet d’une attaque violente et soudaine d’une bande qui venait sans doute d’un quartier proche. Donc faire croire qu’on peut prévenir tous les risques de ce type de violences serait mentir aux Français. En revanche, je veux tout faire pour qu’ils se sentent protégés.