Le cancer, une maladie qui rend pauvre

SOCIETE Malgré la prise en charge, les malades n'arrivent plus à financer les dépenses du quotidien...

avec AFP

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Illustration de l'Institut Gustave Roussy, centre européen de lutte contre le cancer, le 4 février 2013.
Illustration de l'Institut Gustave Roussy, centre européen de lutte contre le cancer, le 4 février 2013. — WITT/SIPA

Avec la crise économique, le cancer est une maladie qui rend pauvre, selon le deuxième rapport de l'Observatoire sociétal des malades de la Ligue contre le cancer officiellement remis ce jeudi à l'Élysée.

Le problème, c’est de financer les dépenses du quotidien, et quand bien même la prise en charge de la maladie est à 100%. Les trois quarts de ces personnes réduisent toutes leurs dépenses, y compris les dépenses alimentaires et énergétiques.

«C'est la première fois que la Ligue contre le cancer a dû verser autant d'aides financières», dit à l’AFP le professeur Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

Difficultés pour se nourrir et payer les factures

Les aides versées sont «en hausse de 8 % en 2012 par rapport à l'année précédente», a-t-elle ajouté. Pour l’année 2012, la Ligue a ainsi aidé directement 20. 000 personnes pour un montant total de 6,5 millions d'euros.

>> Lire par ici le rapport de l'observatoire sociétal des cancers publié en 2012 (daté de 2011)

Nord et Seine-Saint-Denis «débordés»

«C'est dans les régions économiquement les plus défavorisées qu'il y a le plus de demandes», le professeur Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer. Il y a le Nord, mais aussi la Seine-Saint-Denis «qui est débordé» selon ce médecin.

Le profil des demandeurs est sensiblement identique à celui de l'année précédente (65 % de femmes, 59 % des actifs 30-60 ans), avec néanmoins une augmentation des besoins pour ceux qui vivent seuls (+ 10 %) et sont ouvriers (+ 6 %), d'après le rapport, qui éclaire également le vécu et les souhaits des proches via une enquête Ifop.

Parmi les demandes d'aides, 52 % concernent la vie quotidienne: pour se nourrir (19 %), payer des factures EDF (15 %) et même les impôts (3 %). Mais 23 % concernent des dépenses liées à la maladie (forfait hospitalier, prothèses capillaires et mammaires, dépassements d'honoraires...) et 17 % les aides ménagères, assistantes maternelles pour maintenir l'enfant dans la famille.