Liliane Glock: «Je pense que nous allons nous pourvoir en cassation»

Propos recueillis par Vincent Vantighem
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Francis Heaulme et son avocate, Liliane Glock, le 19 novembre 2002, à Nancy.
Francis Heaulme et son avocate, Liliane Glock, le 19 novembre 2002, à Nancy. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Etes-vous surprise par la décision de la chambre de l’instruction?

Oui, je ne m’attendais pas à cette décision-là. En 2007, un juge d’instruction avait estimé qu’il n’y avait pas d’élément nouveau permettant de croire à une quelconque responsabilité de Francis Heaulme dans l’affaire de Montigny. Aujourd’hui [ce jeudi], la chambre de l’instruction a eu une analyse différente du dossier. Pour moi, il n’y a rien de percutant.

Allez-vous contester la décision de la chambre de l’instruction?

Je pense que nous allons nous pourvoir en cassation. Je dois encore en discuter avec mon client. Ce ne sera pas aujourd’hui. Mais nous avons cinq jours pour déposer notre pourvoi. En termes de procédure, cela pourrait donner une nouvelle lecture du dossier d’ici à la fin de l’année.

Il y a tout de même quelques éléments troublants dans la proximité de Francis Heaulme avec cette affaire…

Attention, il ne s’agit pas de dire si Francis Heaulme est coupable ou non. Il s’agit de dire s’il existe assez d’éléments nouveaux pour lui réclamer de plus amples explications sur cette affaire. Sur les éléments troublants, c’est toujours une histoire de lecture des faits.

Il a tout de même reconnu s’être promené le long de la voie ferrée le jour du drame…

Je trouve cet argument malhonnête. Francis Heaulme habitait à cinq kilomètres de la voie ferrée. Il travaillait à proximité. Il ne faut pas tirer d’enseignements. Tout le monde est capable de faire un plan de la rue dans laquelle il a vécu enfant. On ne peut tirer de conclusion parce que Francis Heaulme habitait non loin du lieu du drame.

Mais il a aussi reconnu qu’il était monté sur le talus, qu’il avait retourné l’un des deux corps…

Cela ne prouve rien. On est au-delà de l’aspect intellectuel de mon client. Le juge d’instruction avait estimé qu’il n’y avait pas d’éléments nouveaux, la chambre de l’instruction pense le contraire. Nous verrons ce que dira la Cour de cassation si nous décidons de nous pourvoir…