Francis Heaulme renvoyé devant les assises pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz

Vincent Vantighem

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Francis Heaulme lors d'une opération de transport de justice le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz (Moselle).
Francis Heaulme lors d'une opération de transport de justice le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz (Moselle). — HARTMANN CHRISTIAN/SIPA

Il est déjà passé à six reprises devant une cour d’assises. Et il a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais Francis Heaulme, dit «le Routard du crime» a de nouveau été renvoyé aux assises ce jeudi. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Metz (Moselle) devait, en effet, examiner les nouveaux indices qui ont conduit le parquet général à requérir son renvoi devant une cour d’assises pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz.

«Je ne m'attendais pas à cette décision là», a déclaré à 20 Minutes l'avocate de Francis Heaulme, Liliane Glock. Elle a ajouté qu'elle devait voir son client pour savoir s'il allait se pourvoir en cassation. «Je pense qu'on va le faire», a-t-elle indiqué. Liliane Glock a souligné que ce pourvoi en cassation concernerait uniquement la décision du renvoi devant les assises, parce qu'elle trouve qu'il n'y a «rien de percutant» dans les nouveaux éléments présentés à la justice. 

Perpétré il y a vingt-six ans le long d’une voie ferrée, le double meurtre de Montigny a marqué les mémoires. D’abord par la violence avec laquelle le meurtrier a asséné des coups de pierres à deux enfants âgés de 8 ans qui jouaient tranquillement. Ensuite à cause de la condamnation en 1989 à perpétuité de Patrick Dils dans cette affaire. Car, après plusieurs années de prison, Patrick Dils a finalement été acquitté lors d’un procès en révision en 2002.

«Mon style, c’est l’Opinel!»

Sans coupable désigné, l’affaire de Montigny a donc pris un nouveau tour. C’est à partir de cette époque que les enquêteurs ont découvert que Francis Heaulme pouvait avoir un lien avec cette affaire. Plusieurs indices sont en effet troublants. D’abord, Heaulme travaillait à 400 mètres de la voie ferrée où ont été retrouvés les corps. Ensuite, il a admis s’être baladé le jour du crime. Il a même reconnu qu’il avait retourné le corps d’un des deux enfants. Pour preuve, il est même parvenu à reproduire, de tête, le plan des lieux.

La chambre de l’instruction a donc décidé que ces indices étaient suffisants pour ordonner un nouveau procès et demander plus d’explications à Francis Heaulme à ce sujet. Pour l’instant, il s’est contenté de dire «Moi, mon style, c’est l’Opinel! Et j’étrangle à mains nues. Montigny, c’est pas moi…»