Cantines scolaires: L'UFC-Que Choisir met en garde contre la malbouffe

EDUCATION Les établissements privés sont moins bien lotis que ceux du public, selon la dernière enquête de l'association de consommateurs...

Corentin Chauvel

— 

Illustration d'une cantine scolaire, le 18 décembre 2012.
Illustration d'une cantine scolaire, le 18 décembre 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Les enfants mangent-ils bien à la cantine? L’UFC-Que Choisir a rendu publique sa dernière enquête en date ce mardi, plus d’un an après l’entrée en vigueur du décret de septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire. Et le résultat est «mi-figue, mi-raisin», selon l’association.

Réalisée dans plus de 600 cantines françaises (du primaire au lycée), l’enquête a non seulement pour but de faire le point sur les améliorations de la qualité nutritionnelle dans les établissements depuis l’instauration de la nouvelle réglementation, mais aussi de prouver sa nécessité alors qu’elle pourrait être supprimée dans le cadre d’une mission sur le recensement des «normes inutiles».

Des résultats encourageants, mais à améliorer

Pourtant, «il y a eu un impact positif indéniable des obligations réglementaires sur les établissements, plus en primaire qu’en secondaire», souligne-t-on à l’UFC-Que Choisir. Les résultats de l’enquête sont «encourageants» en ce qui concerne «la conformité sur les féculents, les produits laitiers et les légumes», ainsi que sur la «relative maîtrise sur les menus à quatre composantes».

Cependant, il reste «des axes d’amélioration indispensable», qu’il s’agisse des économies sur les ingrédients les plus chers (viande, poisson) ou du risque de choix déséquilibrés dans les selfs du secondaire. Sur ce dernier point, l’UFC-Que Choisir dénonce «une pratique hypocrite» des établissements qui consiste par exemple à proposer un poisson ou une viande face à des nuggets de poulet ou encore des fruits face à des crèmes dessert.

L'association de consommateurs pointe également du doigt la «junk food» qui «s’installe et se développe au sein des établissements», à savoir des stands de restauration rapide, un peu plus chers, en marge des cantines. Sans oublier ceux qui se développent autour des établissements, selon elle. Dans les deux cas, ils ne sont assujettis à aucune réglementation.

L’élémentaire public en exemple

Ce sont les établissements de l’élémentaire public qui sont les mieux notés sur la qualité nutritionnelle de leur cantine, avec en tête ceux de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), du 16e arrondissement de Paris et de Quimper (Finistère). En queue de peloton: les écoles de Calais (Pas-de-Calais), Les Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) et enfin Clermont (Oise).

Les collèges et lycées publics s’en sortent avec la mention «passable» en raison d’un «très faible nombre de crudités, poissons, viandes et fruits» et parce que dans 36 % de ces établissements, «il est possible de ne manger aucune viande rouge pendant un mois complet». Au palmarès, ce sont le collège Maurice Ravel de Toulon (Var) et le lycée Jean Dautet de La Rochelle (Charente-Maritime) qui terminent en tête. Et les pires sont le collège François Villon de Marseille et le lycée François 1er du Havre (Seine-Maritime).

Le privé au pilori

L’UFC-Que Choisir réserve à la restauration scolaire des établissements privés, dans l’élémentaire comme dans le secondaire, un «bonnet d’âne» pour ses lacunes nutritionnelles. Dans le secondaire privé, l’association de consommateurs relève notamment qu’il n’y a «aucune maîtrise de l’équilibre nutritionnel» dans les choix multiples et que «dans près de la moitié des établissements, le choix sans crudités ni poisson ni viande rouge est possible pendant un mois entier». Cela serait surtout le fait de la gestion concédée à des sociétés de restauration telles que Elior, Sodexo et Scolarest.

L’UFC-Que Choisir invite ainsi le gouvernement à «conserver» le décret de septembre 2011 «plutôt que le supprimer» et même de «l’étendre». L’association entend également sensibiliser et mobiliser les parents d’élèves ainsi que les collectivités locales afin de renforcer la formation des personnels de la restauration scolaire sur la nutrition et l’achat des aliments.