Bagages bloqués à Roissy: «De retour de Nouméa, j'attends ma valise depuis 72h»

TÉMOIGNAGES lusieurs internautes de «20 Minutes» nous racontent leur galère, de retour de voyage, alors que leur valise erre quelque part à l’aéroport de Roissy...

Témoignages recueillis et édités par Christine Laemmel

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Des avions stationnent à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy, près de Paris, le 21 juin 2012.
Des avions stationnent à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy, près de Paris, le 21 juin 2012. — Christophe Ena/AP/SIPA

Résultat de trois jours d’intempéries, plusieurs milliers de bagages ont été égarés à l’aéroport de Roissy. Parmi eux, les valises de trois internautes de 20 Minutes. Michel, de retour de Nouvelle-Calédonie, François, qui arrive de New York et Lotfi, de Montréal.

«Un monceau énorme de bagages sans surveillance»

Arrivé dans le hall 2E vers 17h30 ce mardi 12 mars, Michel est stupéfait par la «centaine de valises abandonnées par terre», se souvient-il. Ne voyant personne autour pour surveiller, et constatant qu’aucun contrôle n’est fait entre la récupération des valises et la sortie, «je me suis dit, mais tout le monde peut prendre n’importe quelle valise et partir!», raconte Michel. Quatre avions sont annoncés sur le même écran, tous «en attente». 

A quelques minutes près, Jean-Pierre arrive, sur le tapis voisin. Lui revient de Tokyo avec Japan Air Lines. Il a récupéré «sans aucun problème» sa valise, accueilli par trois employés de la compagnie. Il se souvient de sa désolation à son arrivée. «Il y avait un monceau énorme de bagages sans surveillance. Tous les voyageurs Air France étaient éberlués, et criaient». Quelques heures plus tard, François, un autre voyageur, décrira même des clients épuisés qui reprennent en chœur: «Nos bagages! Nos bagages!» ou «Mais ils sont où, mais ils sont où, les responsables?».

«Recherches toujours en cours. Veuillez renouveler votre demande»

De son côté, Michel, après deux heures d’attente, entend une annonce au haut-parleur. Inutile de s’épuiser encore à chercher son bagage, «à cause d’un incident technique dû aux intempéries», aucune de nos valises ne sera présentée sur le tapis roulant 32 du hall 2E. «On nous a invités à rejoindre le comptoir Air France». Comme à peu près «400 personnes» estime Michel à la louche,  «je me dirige donc vers le comptoir». Fatigué, pressé de rentrer chez lui après 24h de vol, Michel choisit l’option conseillée par une employée Air France. Elle lui tend un prospectus et l’invite à remplir une déclaration de perte sur Internet. 

Chez eux, à Orléans, à 3h du matin, retardés par la neige qui a aussi encombré le trafic routier, Michel et son épouse s’attellent directement et non sans mal à leur déclaration. «On a ramé avec les bonnes heures à inscrire, étant donné qu’on avait pris trois vols, se remémore Michel. On a essayé d’appeler Roissy, mais on est tombés sur un abruti qui semblait ne rien comprendre à ce qu’on lui racontait et persistait à vouloir nous donner un numéro de fax.» Jeudi matin, ils ont enfin leur numéro de dossier, et toujours le même message depuis: «Recherches toujours en cours. Veuillez renouveler votre demande».

«Difficile de ne pas accuser Air France»

Un dédommagement? Michel n’en attend même pas. «Si j’ai ma valise, je serai déjà content», explique cet internaute. «C’est lamentable, il fait 4°C et c’est le bazar», s’agace-t-il. Une incompréhension logiquement partagée par Lotfi, Canadien de Montréal, arrivé mercredi en France. «Je viens d'un pays où il neige cinq mois par an et à hauteur de 50cm, écrit-il. Difficile de ne pas accuser Air France de faire des économies sur les recrutements.» Jean-Pierre n’hésite pas plus avant de blâmer la société Aéroports de Paris. «Je voyage depuis 32 ans au Japon. Quand j’arrive là-bas, les bagages sont toujours prêts, au moment de les récupérer. A Roissy, neige ou pas, la normale de toute façon, c’est d’attendre 30 minutes, au moins.»