La CGT condamne ses militants qui ont brûlé un drapeau CFDT

Avec Reuters

— 

La CGT a tenté vendredi d'apaiser les tensions avec la CFDT en prenant ses distances avec ses militants qui ont brûlé un drapeau de la CFDT début mars lors d'une manifestation hostile à l'accord sur la réforme du marché du travail.

Cet accord conclu en janvier a été rejeté par la CGT et FO mais signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, faisant ressortir une ligne de fracture entre syndicats sur l'attitude à adopter dans un contexte de forte crise sociale.

La scène du 5 mars, au cours de laquelle des militants CGT ont brûlé un drapeau CFDT, a été filmée et diffusée sur Youtube. La CFDT l'a dénoncée comme un acte «indigne du mouvement syndical» et demandé à la CGT «de prendre les mesures qui s'imposent».

Dans un communiqué publié vendredi, la CGT a pris ses distances avec les manifestants en déclarant que les divergences syndicales «ne sauraient justifier des actes qui ne respectent pas le pluralisme des idées et des organisations, comme ce fut le cas récemment lorsqu'un drapeau de la CFDT a été brûlé à l'occasion d'une manifestation». A trois jours de l'ouverture de son 50ème congrès, la centrale appelle l'ensemble des forces syndicales françaises à s'unir et à surmonter leurs divergences concernant la marche à suivre face au gouvernement et aux mesures d'austérité.

Ces divisions fragilisent la capacité des syndicats à défendre le droit des travailleurs face au patronat, s'inquiète la CGT dont le 50e congrès, qui se tient du 18 au 22 mars à Toulouse, officialisera le passage de flambeau entre Bernard Thibault et Thierry Lepaon. Le premier syndicat français a durci sa position face au gouvernement, qu'il accuse de trahir les promesses du candidat François Hollande et d'être trop «à l'écoute» du Medef. Dans une interview à Reuters début mars, le futur secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon a dénoncé un «décalage entre les espérances que ce gouvernement a fait naître et la manière dont il entend régler les problèmes auxquels sont confrontés les Français».