Intempéries: Pourquoi le verglas a bloqué Paris

Jérôme Comin

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Le 13 mars 2013, au lendemain de fortes chutes de neige à Paris.
Le 13 mars 2013, au lendemain de fortes chutes de neige à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une situation qui n’a pas laissé de glace les Parisiens. Après la neige mardi, les habitants de la capitale ont eu de nouvelles sueurs froides mercredi matin en raison du verglas qui a recouvert les routes et trottoirs de la ville. Résultat: de nombreuses glissades, qui ont occasionné une forte affluence aux urgences et une paralysie quasi-totale du trafic des bus.

«Hors de question de mettre la vie des usagers en danger»

A 8h, seules 24 lignes sur 348 étaient opérationnelles en Ile-de-France et il a fallu attendre 12h pour que 45 lignes sur 65 fonctionnent normalement dans Paris Intra-muros. «Dès la sortie du dépôt, les conducteurs se sont rendu compte que les routes n’étaient pas dégagées, explique-t-on du côté de la RATP. Il était hors de question mettre en danger la vie de nos employés et de nos usagers.» Et d’ajouter au passage que l’entretien de la voirie (salage, déneigement…) n’est pas du ressort de la RATP mais celui de la mairie.

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Une situation qu’assume la Ville de Paris. «On ne peut pas empêcher le verglas de se former et il faut attendre qu’il soit constitué pour le traiter, se défend Mao Peninou, adjoint au maire chargé de la propreté, qui précise que 1.600 agents de la Ville ont été mobilisés pour déblayer les rues et le périphérique, parfois même à l’aide de pics à glace. Je comprends les difficultés des Parisiens mais il faut apprendre à vivre avec une situation qui reste exceptionnelle.»

L’UMP stigmatise un manque de moyen

Des explications qui ne convainquent pas Jean-François Legaret, président du groupe UMP au Conseil de Paris. «Cette situation climatique était connue depuis dimanche et on ne peut pas dire que 10 cm de neige, c’est une situation exceptionnelle, tacle le maire du 1er arrondissement. Certes les grands axes étaient praticables mais tout le réseau secondaire était impraticable ce mercredi matin. Il fallait mettre plus de moyens, comme c’est le cas à Moscou ou Montréal.»

Un jeudi matin qui s’annonce compliqué

En attendant, la situation ne devrait pas être meilleure jeudi matin car Météo France annonce de nouveau des températures négatives sur l’Ile-de-France. «Si demain, le trafic sera normal sur pour les métros, RER et tramway, nous ne pouvons pas nous prononcer sur les bus, prévient la RATP.»

«Nous sommes en effet très inquiets pour jeudi matin car nous risquons de nous retrouver dans les mêmes conditions que ce matin, concède Mao Peninou. Mais ce n’est pas parce que ce genre de situation arrive deux ou trois fois tous les trois ans que l’on va s’équiper d’une importante flotte de chasse-neige par exemple. Car si c’était le cas, c’est la Cour des comptes qui viendrait nous taper sur les doigts…»