Neige: Y a-t-il eu des dysfonctionnements dans les transports?

TRANSPORTS Le gouvernement s'en défend, «20 Minutes» fait le point, secteur par secteur...

Corentin Chauvel avec J.C.

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Lille, le 12 mars 2013. Des fortes chutes de neige paralysent la métropole lilloise.
Lille, le 12 mars 2013. Des fortes chutes de neige paralysent la métropole lilloise. — MIKAEL LIBERT/20 MINUTES

La neige et le verglas qui ont touché mardi le nord-ouest de la France ont fortement perturbé les transports et fait 2.200 naufragés de la route depuis lundi soir. Le gouvernement affirme avoir pris au sérieux «cette crise météorologique», mais cela n’a pas empêché les éléments de l’emporter, une fois de plus. 20 Minutes passe en revue les principaux points noirs de la journée de mardi.

SNCF: Des complications, mais pas de «dysfonctionnement»

Au niveau national, la circulation des Thalys, des Eurostar et de la ligne à grande vitesse Nord a été interrompue. Des lignes régionales, dans l’Ouest et dans le Nord, ont également été très perturbées voire coupées. En Ile-de-France, toutes les lignes de RER et plusieurs du Transilien ont connu un trafic très délicat jusqu’en fin de journée.

Contactée par 20 Minutes, la SNCF indique que son dispositif «grand froid» était mis en place avec la mobilisation de 10.000 salariés supplémentaires et un matériel préparé. Si la compagnie ferroviaire a été prise de court pour certains axes nationaux, c’est parce que «l’alerte météo ne correspondait pas du tout à ce qu’il s’est passé, on n’attendait pas autant de neige et de manière aussi étalée», explique-t-on. Résultat, les voyageurs ont parfois été priés de rentrer chez eux seulement le matin même.

De même, les moyens de substitution, tels que des bus, étaient impossibles à envisager à moins «d’exposer les clients à une situation encore plus difficile», souligne-t-on à la SNCF. Le seul vrai dysfonctionnement admis par la compagnie ferroviaire, qui préfère parler d’«adaptation» quant au phénomène exceptionnel de mardi, c’est sur le site Internet du Transilien qui a connu durant de nombreuses heures «un problème technique qui est mal tombé». 

RATP: Les bus en cale sèche

Si le métro a plutôt bien fonctionné mardi, le service des bus a connu une hécatombe. Ce mercredi matin, cela n’allait pas mieux: seules 24 lignes de bus sur 348 étaient opérationnelles. Contactée par 20 Minutes, la RATP reconnaît effectivement de grosses difficultés sur la région notamment dans le nord-est de Paris et l’ouest de l’Ile-de-France. La raison? «Le service n’a pu être assuré en raison du verglas et de la neige sur les routes», justifie l’entreprise. Et d’ajouter que l’entretien de la voirie (salage, déneigement…) n’est pas de son ressort mais celui de la mairie. «Si jeudi le trafic sera normal pour les métros, RER et tramway, nous n’avons aucune certitude en ce qui concerne les bus. Car si les routes sont toujours verglacées, nous ne prendrons pas le risque de mettre en danger la vie de nos chauffeurs et de nos usagers», affirme-t-on.

Routes: Le doublé destructeur neige-poids-lourds

L'ensemble du réseau routier du Nord, des départements de Normandie et de Bretagne, ainsi que de la Région Ile-de-France ont été touchés par les intempéries. Les autoroutes A29, A16, A1 et A28 étaient impraticables durant une bonne partie de la journée, ainsi que de nombreuses voies nationales et routes secondaires. Les services autoroutiers des secteurs concernés affirment avoir lancé dès lundi soir des opérations ininterrompues de salage puis de déneigement, mais ils ont achoppé sur deux principaux points: le changement soudain de météo et ses conséquences sur les usagers.

«Ce qu’il s’est passé, c’est que les pluies qui ont précédé la neige étaient verglaçantes et cela n’était pas complètement anticipé. Les pluies verglaçantes sont très difficiles à prévoir. C’est ce "verglaçage" qui a rendu les accès délicats et provoqué les accidents», a expliqué mardi à 20 Minutes Eric Tanays, le directeur des routes d’Ile-de-France.

Et les accidents qui en ont découlé ont considérablement gêné ensuite le travail de déneigement. Dans les secteurs touchés par les congestions, «ce sont principalement des poids lourds mis en travers des chaussées qui ont bloqué la circulation et les opérations de déneigement. Les chutes de neige intenses accompagnées de vents forts ont ralenti la progression des engins de déneigement et des dépanneuses. Depuis mardi, les véhicules accidentés ou bloqués sont donc dégagés un par un, dans des conditions très délicates, ce qui explique la durée exceptionnelle des blocages», a indiqué dans un communiqué la Sanef, qui gère le réseau autoroutier du nord de la France.