Les familles des otages appellent à un rassemblement à Paris samedi

INFO 20 MINUTES Dans le «flou total», elles comptent s'adresser aux autorités françaises à cette occasion...

Vincent Vantighem

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Photo des quatre otages français toujours retenus en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel, diffusée le 27 avril 2011.
Photo des quatre otages français toujours retenus en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) au Sahel, diffusée le 27 avril 2011. — AL-ANDALUS / AFP

Les proches des quatre otages français enlevés à Arlit (Niger) le 16 septembre 2010 appellent à un rassemblement symbolique samedi à 11h sur la place du Trocadéro à Paris (16e), a-t-on appris mercredi matin. «Cela fera deux ans et demi qu’ils seront détenus. C’est symbolique, a confié à 20 Minutes Juliette Bondu, la belle-sœur de Pierre Legrand l’un des otages. Le but est de rassembler le plus de monde pour dire qu’on ne les oublie pas.» Relayé par Otages du Monde, le mouvement devrait se décliner dans plusieurs villes de province à la même heure, notamment à Marseille, Nantes, Nîmes et Orléans.

 Ils seraient vivants

A cette occasion, les proches des otages comptent également s’adresser aux autorités françaises. «Depuis l’intervention au Mali, on est dans l’angoisse permanente, poursuit Juliette Bondu. On veut donc dire aux autorités qu’il y a aussi des otages non loin des lieux qu’ils bombardent. Il ne faut pas qu’ils fassent n’importe quoi…» Il y a une dizaine de jours, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense avait assuré avoir des informations sur le possible lieu de détention des otages mais refusé d’en dire plus. «Je pense que, si les otages avaient été tués, les ravisseurs l’auraient fait savoir», a-t-il ainsi indiqué sur BFM TV.

 «Flou total»

Pour les proches, l’angoisse est encore plus grande depuis l’offensive française dans le massif des Ifoghas où de nombreux islamistes seraient retranchés. «On se pose plein de questions. On est dans le flou total et on n’a pour l’instant aucune information, déplore ainsi Gwendoline, une amie de Pierre Legrand. On comprend bien la nécessaire discrétion pour obtenir leur libération. Mais c’est très difficile.»

 Tous les otages concernés

Si le rassemblement de samedi a été organisé par les proches de quatre otages d’Arlit, la situation de tous les autres otages Français retenus en Afrique devrait être évoquée. «Bien sûr, on pense à toutes les personnes retenues», poursuit Juliette Bondu. Lors de ce rassemblement, Marion, la petite-amie de Pierre Legrand habituellement discrète, devrait d’ailleurs répondre aux questions des journalistes. «On verra si ce n’est pas trop dur pour elle», conclut Juliette.

Il y a désormais 15 Français retenus en Afrique. Outre les quatre otages enlevés à Arlit (lire ci-dessus), Serge Lazarevic et Philippe Verdon ont été kidnappés le 24 novembre 2011 alors qu’ils se trouvaient dans un hôtel à Hombori (nord-est du Mali). Le 20 novembre 2012, c’est un Français de 61 ans, Gilberto Rodriguez Leal, qui a été enlevé par au moins six hommes armés dans l'ouest du Mali, près de Kayes. Le 19 décembre 2012 : Francis Collomp, 63 ans, est enlevé par une trentaine d'hommes armés qui attaquent la résidence de la société pour laquelle il travaille, dans l'Etat de Katsina (nord du Nigeria), frontalier du Niger. Enfin, le 19 février, sept membres d’une même famille ont été enlevé dans le nord du Cameroun.