Affaire Merah: Les religions sur la voie du dialogue

TOULOUSE Des avancées ont lieu dans les échanges interreligieux depuis l'affaire Merah, qui a secoué toute une région...

Béatrice Colin

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L'an dernier, lors de la marche blanche, rabbins et imams étaient côte à côte.
L'an dernier, lors de la marche blanche, rabbins et imams étaient côte à côte. — F. Scheiber/20 Minutes archive

Un message de paix entre les religions. Dimanche, un jour avant les premiers hommages aux victimes de Mohamed Merah, c'est ce qu'ont voulu afficher le président israélien, Shimon Peres, et des imams lors d'une rencontre à Paris. A Toulouse, le 17 mars, la marche sera avant tout républicaine. «Il n'a pas tué que des juifs», rappelle Nicole Yardeni.

La présidente régionale du conseil représentatif des institutions juives sera du cortège, aux côtés de la mère d'Imad Ibn Ziaten, le premier militaire tué, et des représentants de la communauté musulmane, avec qui elle ne désespère pas d'intensifier le dialogue. «A Marseille, la communité juive est débordée par les demandes de rencontres. Ici, il manque un imam qui représente l'ensemble de la communauté», regrette-t-elle.

Vers un lieu de dialogue municipal

«Il n'y a pas de clergé et le conseil français du culte musulman n'a que dix ans. Avec le temps les choses, vont avancer», assure Abdelatif Mellouki, membre du bureau exécutif du Conseil régional du culte musulman. Pour le père Jean-Jacques Rouchi, professeur à l'Institut catholique de Toulouse, des avancées ont déjà été réalisées. «Je ne sais pas si c'est à cause de l'affaire Merah, mais en novembre, lors de la journée islamo-chrétienne, nous avons pu visiter une mosquée pour la première fois. On sent la volonté chez certains responsables de mieux se faire connaître pour éviter les amalgames et malentendus», note ce spécialiste du dialogue interreligieux.

Pour «promouvoir la connaissance réciproque», ce dernier prône la mise en place, à l'échelle municipale, «d'une structure de rencontre des cultes dans un esprit républicain, comme cela se fait à Colomiers». Elle pourrait bientôt voir le jour à Toulouse. «J'ai un accord de principe des responsables cultuels pour la création d'un lieu où nous aborderons les valeurs de la République à travers la question des religions, notamment dans le quotidien, comme la question des cantines», explique le maire de Toulouse, Pierre Cohen.

 

■ Manifeste

Mardi, le groupe citoyen pour le dialogue, né au lendemain du 19 mars, présentera un manifeste dont l'objectif est «de se battre contre les préjugés et les amalgames», avance Salomon Attia, l'un de ses membres, qui réunit des citoyens juifs, musulmans, laïcs. Ils veulent organiser des visites interreligieuses de mosquées, synagogues ou des matchs de foot.