Une fédération officielle créée pour cultiver et consommer du cannabis en France

SOCIETE Malgré une descente de police la semaine dernière, Dominique Broc a prévu de déposer, ce lundi à Tours, les statuts de la Fédération française des Cannabis Social Clubs...

Vincent Vantighem
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Un plant de cannabis en Grande-Bretagne, en 2007.
Un plant de cannabis en Grande-Bretagne, en 2007. — L.NEAL / AFP

Pour lui, c’est tout sauf une idée fumeuse. Le créateur des Cannabis Social Clubs (CSC) à la française, Dominique Broc,  a prévu d’aller déposer, ce lundi, les statuts de la Fédération française des Cannabis Social Clubs,  en préfecture de Tours (Indre et Loire). Se définissant comme  «libertaire», ce quadragénaire  entend ainsi forcer le gouvernement à prendre position sur  l’autoculture de cannabis qu’il pratique avec quelques amis dans sa  région depuis près de quatre ans.

Du cannabis de bonne qualité

Venus d’Espagne, les Cannabis Social Clubs permettent aux consommateurs de cannabis de cultiver des plants pour leur  seule consommation personnelle. «On n’adhère  pas à un CSC, on se fait coopter ou on en crée un avec quelques amis,  précise Lauren Appel, du Collectif d’information et de recherche  cannabique  (CIRC). Le but est de produire du cannabis de qualité qui n’est pas  coupé au verre pilé et de produire uniquement la quantité nécessaire à  la consommation des adhérents du Club».

Entre 400 et 450 CSC en France

En  France, cela reste bien sûr illégal. Mercredi dernier, Dominique Broc a  ainsi reçu la visite des policiers dans sa petite maison  d’Esvres-sur-Indre. Ils ont détruit les 126 plants  de cannabis qu’ils ont découvert sous sa serre et l’ont placé en garde à  vue dans l’attente de son procès prévu le 8 avril. Relâché vendredi  dernier, le leader des CSC entend, en attendant l’audience, pourtant  poursuivre son combat pour obtenir à terme la  dépénalisation  du cannabis. Après avoir déposé les statuts de sa Fédération, ce lundi,  il compte demander à l’ensemble des CSC de faire de même dans toutes  les préfectures de France le 25  mars. Selon lui, il y aurait entre 400 et 450 Cannabis Social Clubs en France aujourd’hui. «Sans doute même plus, conclut Laurent Appel. Beaucoup de consommateurs préfèrent planter cachés  pour consommer tranquille…»